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EDITORIAL
« A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes »

Une nouvelle star est née au firmament hexagonal, tout le monde en parle, dans les médias évidement, les dîners en ville, à Saintrop, dans le Lubéron du côté de Gordes, au large du golfe du Mexique, dans les faubourgs d’Addis-Abeba, à Paris-Plage, sur l’île d’Arros, au Quai des Orfèvres, rue du Fb Saint-Honoré, dans les gîtes de moyenne montagne et aussi à Shanghai, dans la fraîcheur du pavillon français.

Serait-ce Roman Polanski, dont l’extradition ne se fera pas grâce à une démonstration juridique implacable et totalement helvétique ? La justice yankee a fait croire au beau Roman (qui a acquis la nationalité française pour s’installer ensuite à Gstaad avec son ami Johnny. Être français est un honneur, mais cela ne suffit pas pour payer les impôts d’un pays où le fisc est trop vorace), qu’elle abandonnait toute poursuite après les 42 jours passés en 1977 au pénitencier de Chino en Californie (État en faillite dirigé par le musclé Schwarzenegger, traduisez nègre noir). L’Office fédéral de Justice (OFJ) a réinventé l’estoppel si prisé de la justice américaine. La demande d’extradition du cinéaste n’aurait pas de fondement en raison de la protection de bonne foi. L’OFJ a estimé que Polanski séjournait régulièrement en Suisse depuis 2006 et n’a jamais été inquiété jusqu’à son arrestation le 26 septembre 2009 lors du festival du film de Zurich. « Ces circonstances ont conduit à l’instauration d’un climat de confiance ». L’ Office en déduit que « Roman Polanski ne se serait certainement pas rendu à ce festival s’il n’avait pas eu confiance dans le fait que ce voyage n’aurait pas de conséquence juridique. ».

Non ce n’est pas lui. Fidel Castro peut être, qui vient de se donner comme Madona à son public en jogging Adidas, non c’est une star un peu ringarde, mais tellement plus sympathique que le Chavez, dictateur d’opérette du côté de Maracaibo et agresseur verbal de la Colombie. Me Alexandra Neri, l’avocat IP qui monte, pourquoi pas, non je ne pensais pas à elle, pas davantage au sergent Shalit, pas plus qu’à Samantha, l’austère et sémillante épouse de Cameron, à ne pas confondre avec l’héroïne éponyme de la romancière anglaise Samantha Harvey (dont il sera question dans la rubrique Culture et Papilles). Kerviel non plus, ce n’est décidément pas un comique troupier. Non, non et encore non. Il faut chercher du côté des Bettencourt, Woerth, Mestre et autre Bannier.

L’abus de faiblesse est un délit contagieux, ainsi que les écoutes téléphoniques attestées par Jean-Paul Belmondo qui vient d’en faire les frais. Son Bannier se prénomme Barbara Gandolfi, sa jeune compagne âgée de 35 ans, ex-modèle de Playboy, que Bébel a rencontrée en 2008 et qui s’apprête à le dépouiller. Le même scénario que dans l’affaire Bettencourt.


Tout le monde parle d’Oliver M, l’avocat de la fille B, mal aimé de Georges K, depuis leurs vacances à Vilnius en 2004 où ils se sont brouillés. Mais voilà que le FigMag N° 20515 (presque une commémoration de la bataille de Marignan des 13-14 septembre 1515) consacre un reportage à ce confrère inspiré et nous pique notre sujet.

Me Metzner, normand alors que son patronyme sonne le terroir fertile de la plaine d’Alsace, habitué de La Havane et de Ferrari, qui saute d’un concorde à la Société Générale, en passant par la case de départ Clearstream, alors que J6M (comprenez Jean-Marie Messier moi-même maître du Monde, du temps glorieux de Vivendi) , a préféré se passer des services de cet œcuménique avocat devenu trop voyant au goût de ses clients, patrons du CAC 40 -remonté à 3 500 - , bien que proclamé libre, donc indépendant. L’Expansion dans son numéro du 23 janvier 1997 publiait un article d’Hedwige Chevrillon, intitulé « Défenseur du PDG et de l’escroc » où elle relatait par le menu les affaires qui l’ont rendu célèbre, comme la défense de Loïk Le Floch-Prigent et Jacques Crozemarie, ancien gouverneur de l’Arc. Ils en avaient besoin ! L’olivier écrivait Hedwige pratiquait déjà des tarifs à l’américaine. C’était il y a 13 ans. Soyons beau perdant (vis-à-vis du FigMag) et passons à autre chose. Pas tout à fait. Marquons un temps d’arrêt réglementaire sur le tube de l’été, les tribulations de la Famille Bettencourt, à ne pas confondre avec le sapeur Camembert ou la famille Fenouillard.

Bien que partisan des ADR ou MARC, de leur discrétion pour régler les conflits, surtout familiaux, de la confidentialité inhérente et de l’apaisement qui les accompagne, la science juridique et la chronique judicaire continentales auraient été asséchées par la canicule estivale sans ce magnifique brassage et déballage de belles maximes, suspens, articles de presse, articles puisés dans les codes civil et pénal et révélations quotidiennes, c’est comme le maillot jaune, il change d’épaules selon la victoire d’étape.

Pensez donc à l’abus de faiblesse, au trafic d’influences, à l’ingratitude filiale, qui justifierait à elle seule la révocation des donations de titres l’Oréal, dont il a été récemment question, à la prise illicite d’intérêts, à la corruption généralisée, à l’enrichissement sans cause, au blanchiment d’une île réputée pour ses coco fesses et la fraude fiscale, à l’évasion et la dissipation, aux écoutes rendues licites par feu Mitterrand, à la prévarication, aux abus de biens sociaux et à l’atteinte à la vie privée, qui ne saurait exister en l’espèce, les protagonistes ayant tout fait pour laver leur linge sale en public avec des détergents corrosifs. Privilèges avec ou sans bouclier, à la générosité d’une riche héritière, à la mise sous tutelle, aux family offices et gestionnaires de fortune, au népotisme, aux cumulards, à la forêt de Compiègne, à France Galop présidé par Edouard de Rothschild, aux fondations, à Clymène aux yeux doux, à la bonne harmonie entre juge d’instruction et procureur, aux dîners en ville, aux enveloppes Kraft recyclables, au financement des partis politiques, quels vilains maux ! Il y a aussi la diffamation, le harcèlement aux quatre points cardinaux, le code du travail pour les nombreux employés de Liliane et ceux encore plus nombreux qui colorent les cheveux coupés en quatre chez l’Oréal.

La Consubstantialité

Les étudiants n’auront plus besoin d’acheter chaque année les codes Dalloz ou Litec, qu’ils soient pénal, fiscal, des sociétés, de la famille ou de procédure pénale, civile et pénal , tout étant accessible sur Internet. Dans le monde des people, chaque citoyen qui compte est à un titre ou un autre impliqué ou éclaboussé par l’Affaire, et plus particulièrement les milliers d’employés de l’Oréal. Ne pas avoir son nom dans la presse ou sur les ondes en rapport au feuilleton de l’été vous place dans la catégorie des humbles, ratés ou has been éloignés du pouvoir, de ses privilèges et cercles vertueux, du Fouquet’s -vous seriez éconduit si vous y mettiez les pied. Il est vrai que MAM (les plaies de l’été : méduses, algues vertes et moustiques – vous pouvez intervertir méduses et moustiques), garde des sots, est la seule qui se taise, et encore, alors que du côté du Faubourg et de la rue de Grenelle, on jase et jacasse énormément.

Les étudiants en droit et leurs professeurs se régalent. Il leur suffit de puiser dans la presse quotidiennement pour réviser leurs examens ou préparer leurs cours de la rentrée, les cas pratiques y sont déjà exposés, traités et déjà corrigés.

« La justice est une horloge que personne ne peut arrêter. »

C’est comme un tuyau d’arrosage quand le robinet ne ferme plus ou le joint a pété, c’est un peu ce qui est arrivé à BP dans le Golfe du Mexique.

De quoi s’agit-il ? De privilèges, d’âpreté, de promiscuité avec les pouvoirs publics, d’argent facile et hôtels particuliers où la domesticité est foisonnante, mais hostile, de surenchères entre ténors du barreau et du notariat, de copinage et de gigolos, de réseaux et d’Internet, de rigueur comme qui dirait le François Fillon japonisant et converti au bonzaï, de mégalomanie de vieilles dames et leur entourage avide, de pactes d’actionnaires, de lutte de pouvoirs entre multinationales helvète et hexagonale.

Objurgation

La seule certitude est que les avocats, de plus en plus nombreux dans l’Affaire, et ses nombreuses ramifications et sa périphérie seront gagnants. Les noms des grandes firmes sont régulièrement cités pour conseiller l’un ou l’autre des protagonistes, mais plus discrètement que les avocats pénalistes qui usent et abusent des micros. Perben, qui vient de prêter serment (c’est gratuit, un passe-droit pour anciens haut fonctionnaires - Bernard Pivot au secours, faut-il mettre un s à haut ?- , en l’espèce un ancien garde des Sceaux – haut fonctionnaire s’il en est– il y a déjà Rachida, Copé, Baroin, de Villepin …) est sur les rangs de ce juteux festin avec Antoine Beauquier et son beau-fils, le moment est bien choisi. Le contribuable ne sera certainement pas gagnant et l’addition lourde. La justice est un service public quasiment gratuit en 1ère instance. C’est donc nous qui allons financer ces milliers d’heures d’audience, rémunérer les greffiers, juges, procureurs, plantons, huissiers d’audience, policiers, fourgons cellulaires, fonctionnaires de la Place Vendôme, uniquement parce qu’une famille assez aisée, fort mal conseillée, semble-t-il, a choisi de se déchirer en public sans crainte de réveiller une eau qui dort et de braquer les projecteurs sur l’Oréal avec son passé singulier sous le régime de Vichy.

Il arrivera un jour où le lecteur et le téléspectateur trouveront ces nouvelles mortifères et demanderont grâce. Jean-Marie et Marine Le Pen en profitent déjà et ne vont par se priver, alors que Lamartine est embusquée. Quel aubaine… ha(r)ro(s) sur le baudet. Qui sera le chevalier blanc, l’amicus curiae, qui mettra un peu de raison, de bon sens dans cet gabegie, rien à voir avec la Gaspésie ?

Mais comment en est-on arrivé là ? Se donner ainsi en spectacle, en pâture médiatique, mettre en scène la vie privée de sa famille, éclabousser son entourage, vider les tiroirs est pathétique et pathologique. N’y a-t-il personne dans l’entourage de cette famille, quelque personne censée, dont le nerf de la guerre n’est ni le fric, ni la légion d’honneur, la plupart des protagonistes de l’affaire l’ont déjà ? Que dit ou fait le gendre, qui siège au conseil d’administration de Nestlé ? Faut-il croire que l’intérêt personnel des conseils et conseillers est tel que… ou alors qu’aucun n’a entendu parler de prévention, de confidentialité, de MARC et du processus collaboratif? Gageons qu’un juge se lèvera comme le messie pour proposer une médiation judiciaire avec toute garantie de confidentialité. Il n’est peut-être pas trop tard.

La justice offre rarement de garantie de confidentialité, il suffit pour s’en convaincre de noter que la note de synthèse dans l’expertise Hallyday contre le Dr Lajoue, sitôt remise aux parties, est déjà rendue public et selon le célèbre docteur tronquée. Qui se charge de rancarder les journalistes, dans quel intérêt ? La réponse est dans la question.

La confidentialité d’une médiation peut être organisée et le médiateur en être le garant. Il en est de même du processus collaboratif. Alors Mesdames Bettencourt et vos éminents conseils qu’attendez vous ? Allez-vous continuer à vous traiter de noms d’oiseaux par communiqués de presse interposés, déclarations tonitruantes de vos conseils et ridiculiser le pays, sa justice et tous les hommes en robes noires ? Plus grave encore, vous n’hésitez pas à déstabiliser de grandes entreprises rentables et tous leurs collaborateurs. De quel droit agissez-vous ainsi ?

Nous vous suggérons de vous familiariser d’urgence avec le processus collaboratif en famille, mais vous l’avez sûrement déjà tenté, comme la médiation. Pour ceux que cette technique intéresse, sachez que nous réfléchissons à un Vendredi Vélasquez à programmer à la rentrée. En un mot, il s’agit d’un mode de résolution alternatif, adapté aux conflits dans le sein familial, qui privilégie l’apaisement et favorise la collaboration entre les membres du clan et leurs conseils (avocats et experts), dans le respect de la dignité et de la confidentialité. Ce sont bien la dignité et la confidentialité qui font cruellement défaut dans l’Affaire B. ou le feuilleton de l’été. L’implication des membres de la famille est indispensable, comme la formation des avocats au processus, qui s’engagent à se désister, c’est à dire qu’ils ne pourront pas représenter leur client en justice en cas d’échec du processus.

« SUMMERTIME »

Enfin les vacances !

« Summertime, and the livin' is easy, Fish are jumpin' and the cotton is high Oh, your daddy's rich and your ma is good-lookin' So hush little baby, Don't you cry One of these mornings you're gonna rise up singing And you'll spread your wings and you'll take to the sky But 'til that morning, there ain't nothin' can harm you With Daddy and Mammy standin' by One of these mornings you're gonna rise up singing And you'll spread your wings and you'll take to the sky But 'til that morning, there ain't nothin can harm you With Daddy and Mammy standin' by » (Gershwin, Porgy and Bess, 1935).

Biaphine pour les juilletistes, ambre solaire pour les aoûtiens.

En Afrique du sud l’armada ibère a eu chaud mais a fini par couler les « Oranje » de l’amiral Ruyter dans la mère de toutes les finales, devant 1 milliard de téléspectateurs. L’auberge espagnole (et barcelonaise) s’est transformée en auberge rouge pour la Nationalmannshaft et le « 11 » batave. Vae victis. Si la « Roja » n’a pas volé son sacre, la reine Paola a récupéré une belle parure en diamants et pierres précieuses, offerte par le généreux Président Kabila (main à la poche).

Dégel international

Les États-Unis et la Russie échangent des espions sur le tarmac de l’aéroport de Vienne et on s’achemine vers un désarmement au proche orient; 4 pistolets Glock 9 mm appartenant aux agents de sécurité du 1er ministre israélien Netanyahou en visite aux États-Unis, ont été égarés à l'aéroport de New York.

Après un Mondial désastreux, la France a brillamment relevé la tête. Christophe Lemaitre n’est que le 72ème athlète à descendre sous la barre des 10 s au 100 m (depuis l’Américain Jim Hines au JO de Mexico en 1968) mais c’est le premier athlète blanc et il est français ! Mieux encore, la triplette Robineau-Dubois-Rocher a remporté la finale de la 49ème édition du Mondial « La Marseillaise » de pétanque.

Les clignotants économiques semblent timidement repasser au vert (pale). Si BP, engluée dans la catastrophe écologico-médiatico-financière, broie du noir et cherche un chevalier blanc pour se protéger contre une possible OPA hostile, l’immobilier repart à la hausse et le FMI a porté à 4,6 % ses prévisions de croissance en 2010. En France la rigueur est de rigueur. Budget en baisse pour tout le monde sauf l’éducation et la justice. Il faut remonter le niveau du BAC (moins de diplômés en 2010 qu’en 2009) et retrouver (de préférence avant 2012) une république irréprochable.

Adieu

Il venait d’avoir 75 ans, il était beau comme un enfant, fort comme… Laurent Terzieff. « Athlète de la plainte » , il triompha au cinéma dans « Les tricheurs » (1958), après des débuts au théâtre en 1953 dans une pièce d’Adamov « Tout contre tous ».


POT POURRI(R)

64%

Sondage inquiétant de Viavoice: 64% des Français estiment que «les dirigeants politiques sont plutôt corrompus» et ils ne sont que 29% à les trouver «plutôt honnêtes». 75% jugent « insuffisantes» les mesures de réduction du train de vie de l’État et des ministères qui viennent d’être annoncées. Depuis les années 1970, la Sofres pose une question : "Diriez-vous qu’en règle générale, les élus, les dirigeants politiques sont plutôt honnêtes ou plutôt corrompus ?" En 1977, 38% des Français estimaient que les élus et les dirigeants étaient corrompus, 46% en 1990, 65% en 1991 (dans le contexte des affaires qui entachaient le Parti socialiste) et 58% en 2002.

Au Mondial des incorruptibles, la France se classe 24ème, entre le Chili et Sainte Lucie. Les 3 élèves les plus vertueux sont la Nouvelle Zélande (médaille d’or), le Danemark et Singapour. 180eme, la Somalie ferme le ban, talonnée par l’Afghanistan. (« Transparency international », Corruption perception index 2009).

Pourquoi ce désamour grandissant entre les français et leur(s) politique(s)? Au débotté, à la Prévert, à droite, à gauche et sans être exhaustif: Le manque de courage et le déni de réalité des élites (à quelques exceptions près) qui se voilent la face depuis plus de 30 ans sur les blocages structurels et qui sont incapables de mener à bien les indispensables réformes de fond; Une tradition politique césaro-papiste reposant sur l’opacité, le fait du Prince et l’omerta générale (y compris chez les intellectuels) concernant ce caporalisme génétique; Les liaisons dangereuses entre l’imperium des affaires, les médias et le pouvoir ; La faculté oudinesque d’auto-absolution des politiques qui se sont fait prendre les doigts dans le pot de confiture; La reproduction incestueuse des élites, favorisée par un système éducatif sclérosé et incapable de se réformer etc. «Les mœurs sont un collier de perles ; ôtez le nœud, tout défile» (Restif de la Bretonne).

Communication de crise et inversement

La victime de la campagne de calomnie, l’homme traqué à abattre se doit d’être fidèle, loyal, et droit dans ses bottes. Bottes de chasse (pour éviter d’être pris pour cible) ? Bottes d’éboueur (pour échapper aux éclaboussures) ? Ou bottes de 7 lieux (pour fuir les calomnies) ? Être montagnard est un plus. Rien de mieux que l’effort solitaire (loin des copains) et l’air pur de la montagne pour prendre de la hauteur et échapper aux… liasses dans la vallée. Dans les contre-feux, ne pas abuser de l’épithète « fasciste » ou « méthode fasciste », ce parachute ventral de la polémique que l’on actionne quand tout le reste a échoué. C’est indécent pour les grands anciens qui ont souffert pendant les années 30 et 40. Quant à l’argument selon lequel il ne faut pas trop remuer la m… sous peine de mettre en péril la République voire la démocratie, il est d’autant plus spécieux qu’il nourrit la théorie du complot. On n’arrête pas la fièvre en cassant le thermomètre. « Amitié de cour, Foi de renards et Société de loups » (Chamfort). Circonstances atténuantes pour EW ? Un aphorisme apaisant et plein de finesse de Sacha Guitry : « Ce qui probablement fausse toute la vie c’est qu’on est convaincu qu’on dit la vérité parce qu’on dit ce qu’on pense ».

Un parfum de IIIème République mystérieuse et exotique ! L’affaire Panama, les légions d’honneurs du Président Grévy (son gendre Wilson trafiquait de son influence pour négocier des participations d'affairistes dans ses entreprises en échange de l'obtention de décorations, 25 000 francs de l'époque pour une légion d’honneur), l’affaire Stavisky etc. Au cinéma, Gabin, Autan Lara, Verneuil, Giovanni, Lautner, Audiard, Belmondo, Delon ; les grognards et cabotins de la vieille cavalerie française.

Mais attention aux confusions et amalgames. Nous n’avons pas atteint la cote d’alerte et le corps à corps des années 30. Les attaques étaient « ad nominem », l’insulte et l’anti républicanisme étaient de mise. Et puis nos incultes politiques, conseillés et journalistes, n’ont plus l’ombre du talent des grands pamphlétaires d’antan. Quelle relève pour Bernanos, Mauriac, Blondin, ou plus récemment Hallier ? Tout fou le camp ! « Entre deux eaux et deux couches de vase, les nageoires repliées, les yeux mi clos, le Nantais guette une proie invisible » (Léon Daudet à propos d’Aristide Briand). «C’est un Socrate extrêmement timide, à qui la seule vue de la cigüe donnerait la colique » (le même sur Anatole France). No comment… Et comment s’en sortir ? Mirabeau avait une idée : « Sire, si l’on voit où les bonnes têtes ont mené la France, il ne serait pas inutile d’essayer les mauvaises ».

Florilèges

« On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis » (« Le président », Gabin, Verneuil 1961)

« Tu es honnête comme l’étaient nos pères, ou plutôt nos grands pères » ( « Mort d’un pourri », Lautner, 1977)

« Son sens social s’arrête aux relations personnelles » (« Mon ami le traître », Giovanni, 1988)
« …Une paella sans coquillage c’est un gigot sans ail, un escroc sans rosette »(« Un singe en hiver », Belmondo, Verneuil, 1962)

« Les hommes naissent libres et égaux en droit, après ils se démerdent » (Jean Yanne, « Pensées répliques et anecdotes »)

« Le monde n’est point divisé, comme le croit le nigaud en riche et en pauvres, en hommes vertueux et en scélérats, mais tout simplement en dupes et en fripons » (Stendhal)

Clarifications sémantiques et juridiques

Le « populisme » a mauvaise presse. On ne sait pas trop de quoi il s’agit mais c’est le nouveau repoussoir passepartout utilisé par les politiques méprisants englués dans les affaires ou à court de programme. Un classique savoureux pour essayer de faire la part des choses : «Il y a trois méthodes traditionnellement française pour ruiner une affaire qui marche : les femmes, le jeu, les technocrates. Les femmes c’est le plus marrant, le jeu c’est le plus rapide, le technocrate c’est le plus sûr ! » (Audiard). Affreux populisme ou sagesse populaire pleine de bon sens? Le peuple a des représentants, pourquoi diable faudrait-il qu’il ait des opinions et surtout qu’il les exprime !

Chez les anglo-saxons les règles du jeu sont différentes. On ne tient pas longtemps dans la négation de l’évidence et la dialectique du « pchittttt ». La reconnaissance des torts et la recherche de l’absolution dans une transparence (relative) sont de mise. Après, il y a les conférences de presse et les explications de texte, souvent en direct. La langue anglaise n’a pas son pareil pour les euphémismes et les « understatements ». « Mensonge» = « Economical with the truth », «counterfactual proposition», «inoperative statement», «terminological inexactitude». « Malhonnête» = « morally different », « ethically disorientated »…

« La règle du jeu » à la française, c’est Renoir (1939): «Monsieur le Comte a cherché à m’élever en faisant de moi un domestique. Je ne l’oublierai jamais » (le garde chasse Shumacher, qui vient de se faire mettre à la porte). Chacun ses traditions. Voyez Tocqueville.

La règle du jeu juridique c’est l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881: « Toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation » (alinéa 1). « Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure » (alinéa 2).

Une idée pour reprendre la main (dans le sac), apaiser le vent mauvais qui se lève, et redonner confiance au bon peuple non populiste : organiser un apéro géant républicain, champagne-caviar place de la Concorde devant le Crillon sponsorisé par l’Oréal ?!

ACTUALITE JURIDIQUE ET JUDICIAIRE

Droit pénal : affaire Colonna ça se corse

Le 30 juin la cour de cassation a annulé pour une quinzaine de vices de procédure la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna pour l'assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac. Un troisième procès d'assises va être organisé. La garde des sceaux n’a pu s’empêcher de commenter la décision : « (elle) ne porte en rien sur la question de fond de la culpabilité d'Yvan Colonna ». « Mes premières pensées vont à la famille Erignac qui a attendu pendant de nombreuses années que la justice soit rendue. Aujourd'hui, c'est une nouvelle épreuve qu'elle traverse ». Une fâcheuse et maladroite confusion des places (Vendôme et Beauvau) qui apporte de l’eau au moulin de la défense. Pour une fois que «Corse Matin » rendait hommage à l’indépendance de la justice française.

Suggestion pour améliorer et accélérer la justice pénale: recruter des poulpes

Les poulpes oracles (à l’instar du poulpe « Paul » qui a pronostiqué les résultats du Mondial) pourraient se prononcer rapidement, en toute indépendance et sans faillir sur la culpabilité ou l’innocence d’Y Colonna, les explications d’E Woerth, Claire T et E Pleynel. Pour l’affaire Woerth-Bettencourt, prévoir un aquarium géant et au moins 4 poulpes. Si l’erreur (judiciaire) est humaine, le céphalopode, outre sa quasi infaillibilité, a les bras longs. Il peut projeter un nuage d'encre sécrétée dans sa « poche au noir » et faire repousser un bras sectionné. Grâce à l’homochromie l'animal peut changer la couleur de sa peau en fonction de son humeur et de son environnement. Il peut prendre l'apparence d'une silhouette comme celle du poisson lion ou de l’anguille. Rien a envier à un juge exposé aux affaires sensibles.

DE L’ IODE ET UN PEU DE DIGNITE

« Non Merci » !

LE BRET: « Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire. La fortune et la gloire... »

CYRANO: « Et que faudrait-il faire ? Chercher un protecteur puissant, prendre un patron, Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce, Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ? Non, merci. Dédier, comme tous ils le font, Des vers aux financiers ? se changer en bouffon Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre, Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ? Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ? Avoir un ventre usé par la marche ? une peau Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ? Exécuter des tours de souplesse dorsale ?... Non, merci. D'une main flatter la chèvre au cou Cependant que, de l'autre, on arrose le chou, Et donneur de séné par désir de rhubarbe, Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ? Non, merci ! Se pousser de giron en giron, Devenir un petit grand homme dans un rond, Et naviguer, avec des madrigaux pour rames, Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ? Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci ! S'aller faire nommer pape par les conciles Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ? Non, merci ! Travailler à se construire un nom Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non, Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ? Etre terrorisé par de vagues gazettes, Et se dire sans cesse : "Oh, pourvu que je sois Dans les petits papiers du Mercure François ?"... Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême, Préférer faire une visite qu'un poème, Rédiger des placets, se faire présenter ? Non, merci ! non, merci ! non, merci !

Mais... chanter, Rêver, rire, passer, être seul, être libre, Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre, Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers, Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers ! Travailler sans souci de gloire ou de fortune, A tel voyage, auquel on pense, dans la lune ! N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît, Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit, Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles, Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard, Ne pas être obligé d'en rien rendre à César, Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite, Bref, dédaignant d'être le lierre parasite, Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul, Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ! » (Edmond Rostand, « Cyrano de Bergerac »)

« Holidays, oh Holidays »

Pour conclure, avant l’ambre solaire et la mer comme une préface, le grand Polnareff :

« Holidays, oh holidays /C'est l'avion qui descend du ciel /Et sous l'ombre de son aile /Une ville passe
Que la terre est basse /Holidays
Holidays, oh holidays /Des églises et des HLM /Que fait-il le Dieu qu'ils aiment? /Qui vit dans l'espace
Que la terre est basse /Holidays
Holidays, oh holidays /De l'avion, l'ombre prend la mer /La mer comme une préface /Avant le désert
Que la mer est basse /Holidays
Holidays, oh holidays /Tant de ciel et tant de nuages /Tu ne sais pas à ton âge/Toi que la vie lasse
Que la mort est basse /Holidays
Holidays, oh holidays /C'est l'avion qui habite au ciel /Mais n'oublie pas, toi si belle /Les avions se cassent
Et la terre est basse /Holidays »

Bonnes vacances chers lecteurs, et à bientôt en Septembre !!!!!

18 JUIN 2010

La France a célébré le 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 par une déroute sportive (défaite 0-2 contre le Mexique) et une bouffonnerie de vestiaire tournant au scandale médiatico-politique. De pitoyables insultes proférées par Nicolas Anelka contre l’entraîneur Raymond Domenech ont été astucieusement relayées par un quotidien sportif en mal de tirage (de maillots).

Le rugbyman Sébastien Chabal y est allé de sa leçon de civisme et de lyrisme : «Un maillot, c'est bien plus que des couleurs. Un maillot, c'est une histoire. C'est aussi des hommes et des femmes qui œuvrent dans l'ombre, sans aucun espoir de reconnaissance. C'est encore des supporteurs qui payent cher pour pouvoir nous encourager (...), c'est enfin ces enfants qui ont les yeux qui pétillent quand ils voient leurs idoles être performants ensemble, en équipe». Belle âme, le colosse aux multiples sponsors cultive les images en tous genres et surtout la sienne. Vieille rivalité entre le ballon ovale et le ballon rond ? Sport de voyous v sport de gentlemen ? Sports d’argent. La déculottée sportive aura eu le mérite de faire tomber quelques masques (A-fric-hein ).

Nous sommes submergés par les mea culpa, repentirs, faux scoops et pseudos grands déballages. A venir, les rapports d’audits sur les raisons d’une débâcle, les petites démissions (sportives) et les gros calculs (politiques). Exit les bons vieux clichés sur le football qui rapproche les peuples, tragédie grecque des temps modernes -version Séville 1982 ou Berlin 2006-, la glorieuse incertitude du sport, les mains de Dieu ou du diable, les méchants tricheurs et les bons magiciens qui font rêver la jeunesses des ghettos. Cette mythologie est en train de passer à la… Trappes, avec Anelka et un désenchantement général.

« PANEM ET CIRCENSES » v « MENS SANA IN CORPORE SANO »

Il y a quelque chose de pourri au royaume du sport professionnel contemporain. Le carrosse du courage, de la loyauté et de l’honneur n’est le plus souvent qu’une citrouille de plans communication, de gros sous, de cynisme, de sponsors et journalistes sans scrupules. Je ne parle même pas du dopage. Par quel miracle ou quelle omerta le football n’est pas touché? Patience encore 15 jours avant le début du Tour de France !

Le football est un miroir qui renvoie l’image du vide sidéral de nos sociétés modernes, mondialisées, voyeuses et exhibitionnistes, qui se… shootent au spectacle permanent et totalitaire. On adore et on dévore des footballeurs marionnettes pipo(les) et leurs frasques extra sportives. Les footballeurs tricolores sont à court de souffle et la nation à court de repères, valeurs et modèles. Elle mime une communion collective factice, joue son unité aux tirs aux buts tous les 4 ans, et s’illusionne sur la fausse monnaie de slogans démagogiques, vendeurs et trompeurs (« Do it again », «Impossible is possible», « Black Blanc Beur », « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » etc).

Le baron de Coubertin prétendait que l’important c’est de participer. Parfois il vaudrait mieux s’abstenir. Quittons l’Arena pour l’Agora. Participer à quoi ? Avec qui ? Vers quoi ? Il n’y a pas que le niveau du je(u) qui baisse. Au delà de l’important, il y a l’essentiel. L’essentiel c’est entre autre d’ouvrir les yeux et l’horizon des jeunes générations. L’essentiel c’est de tenter de limiter l’hypnose des écrans et l’opium des images. L’essentiel c’est de libérer le temps de cerveaux libres. L’essentiel passe par l’écrit, les livres et l’étude.

DEUX SCOOPS

1 - La vérité sur la discorde qui a miné le mondial des bleus : « La Revue » a enquêté pour vous

Durant le stage de préparation à Tignes, Ribéry a volé un paquet de bonbons Haribos à Malouda tout en accusant Gourcuff car ce dernier ne lui a jamais rendu un album de « Placid et Muzo ». Henry, cadre responsable, a pris les choses en main (forcément) et a proposé un duel de playstation, entre hommes. Ribéry a gagné et Anelka a traité Gourcuff de « gonzesse ». Mais la goutte qui a fait déborder la vase c’est quand Cissé a refusé d’échanger avec Diarra sa Rolex contre une énorme gourmette en or au motif qu’ Abidal avait manqué de respect à une cousine par alliance de la belle sœur de Diaby dans un night club des Champs Elysée. La coupe, (hélas pas la bonne) était pleine. Domenech pourtant formé à la « PNL » n’a pas su mettre fin à la zizanie. La partie devenait d’autant plus injouable que les sud africains, déjà dopés par les vuvuzelas, ont honteusement profité des fuites d’un corbeau qui a la vendu la mèche de la discorde tricolore (contre le rachat à vil prix de la 3ème Ferrari de Malouda). Un vrai gâchis. Heureusement l’avenir se prépare.

2 - En exclusivité , la future première déclaration du nouvel entraineur Laurent Blanc, rédigée le 18 juin, au soir de la défaite contre le Mexique

«A tous les supporters et footballeurs. La France a perdu des matches ! Mais la France n’a pas encore perdu l’Euro 2012 ! Des dirigeants, un entraineur et des joueurs de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant l’équipe à la servitude. Cependant, rien n’est perdu ! Rien n’est perdu, parce que cette coupe du monde est une coupe mondiale. Dans l’univers libre, des équipes immenses n’ont pas encore donné. Un jour ces équipes écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-la, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but (marqué contre le Paraguay en 1998) ! Voila pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. Notre fédération est en péril de mort. Luttons tous pour la sauver ! Vive l’équipe de France ! »

18 JUIN 1940 : APRES LA DEROUTE, SAUVER L’HONNEUR ET PREPARER L’ AVENIR

Le 16 juin 1940 à la suite de la démission du Président du Conseil Paul Reynaud, le général de Gaulle décide de partir pour Londres. Arrivé le 17, il y rédige le texte de l'Appel [1] qu'il prononce le 18 juin 1940 vers 20 heures, sur les ondes de la B.B.C. Contrairement aux appels qui ont suivis, comme celui du 22 juin 1940, il n'y a pas eu d'enregistrement audio ou cinéma de l'appel du 18 juin.

Cet appel ne doit pas être confondu avec l’affiche « A tous les français », placardée à partir du 3 aout 1940, et dont il existe 3 tirages différents. «A tous les français. La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! Des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude. Cependant, rien n’est perdu ! Rien n’est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-la, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but ! Voila pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. Notre patrie est en peril de mort. Luttons tous pour la sauver ! Vive la France ! »

Clin d’œil de l’histoire. Le 18 juin dernier le général Bigeard, centurion baroudeur des rizières et des djebels, « con glorieux » et officier le plus décoré de France s’est éteint. Il a souhaité que ses cendres soient dispersées au dessus de Diên Biên Phu . Le 29 juin à Rome, une plaque célébrant Vercingétorix sera dévoilée sur les lieux du martyre du vaincu d’Alésia, la prison Mamertme . Du bonne usage des défaites.

ACTUALITE JURIDIQUE ET JUDICIAIRE

Affaire Bettencourt - bientôt un volume spécial de l’encyclopédie Dalloz permettant de réviser l’intégralité du cursus de droit (et du tordu) de l’incapacité au Master II : Donations, tutelle, abus de faiblesse (et faiblesse de l’abus de… légions d’honneurs), atteinte à la vie privée, écoutes illicites, dénonciations calomnieuses, fraude fiscale etc. Grâce au époux Woerth, des feuillets de mise à jour se préparent; d’une part pour le droit du travail, avec le concept de démission sans cause réelle et sérieuse de Madame W de la société Clymène (cette dernière gérant la fortune de Liliane B de main de Maistre d’hôtel), et d’autre part avec une nouvelle spécialité juridique très en vogue, à la confluence du droit constitutionnel et pénal, la défense de l’honneur des ministres (en l’occurrence celui de Monsieur W). Le 21 juillet 2009 Patrice de Maistre homme de confiance de Liliane B (décoré de la légion d’honneur par Eric W en personne à Bercy le 23 janvier 2008) , explique au téléphone, à sa « très chère » cliente: « Le conseiller juridique à l’Elysée (Patrick Ouart) que je vois régulièrement pour vous, m’a dit que le procureur allait annoncer le 3 septembre que la demande de votre fille était irrecevable, et donc classer l’affaire » Sarkvisky? Montesquieu, théoricien de la séparation des pouvoirs, est mort il y a 255 ans. Nul n’est prophète en son pays. Sur le mode comédie italienne grinçante : « L’argent de la vieille » (« Lo scopone scientifico »), un chef d’œuvre de Luigi Comencini de 1972.

Droit boursier et scandale de la Société Générale : la guerre de Bouton contre Kerviel, « génie malfaisant » : L’ancien patron de la « S G » avait pourtant donné des instructions claires : ne recruter que des génies bienfaisants ! Le pauvre trader aurait déclaré pour sa défense «Si j’avais su, j’aurais pas venu ».

Santé des finances publiques - on cigare un peu : duel fumant dans les vestiaires du secrétariat d’Etat au développement de la région capitale, entre Christian Blanc et son ancien chef de cabinet, à propos de 12 000 euros de cigares (des Partagas D4) partis en fumée. Bill Clinton pourrait être entendu comme témoin à décharge.

Réforme des retraites et développement du déficit durable : Le débat fait rage. Qui doit payer ? Combien ? Quand ? Heureusement le 1er président de la cour des comptes Didier Migaud a pris toute la mesure du problème : « La situation des finances publiques s’aggrave… ll faut être conscient de la réalité de la situation et que celle-ci fasse l’objet d'un constat partagé… La cour des compte inventorie des pistes dans son rapport… il est essentiel de prendre des mesures plus proportionnées au problème… » Courage, l’argent revient. Liliane Bettencourt, une « excellente contribuable » Clymène bien sa barque, mais a bêtement oublié de déclarer quelques îles et comptes bancaires tropicaux sur sa « 2042 » pourrait recevoir un carton jaune doré du fisc. Christine Boutin et nos footballeurs ont renoncé, à l’insu de leurs pleins grés, à leurs primes de match. Enfin, Rama Yade, sportive spartiate, a pris l’engagement lors de ses déplacements de descendre dans les hôtels « Formule 1 ».

ACTUALITE DU CABINET: SAINT THOMAS AVENUE VELASQUEZ

Pendant que les députés planchent sur une proposition de loi relative à la procédure participative de négociation, la médiation et l’arbitrage ont encore été à l’honneur ce printemps au cabinet Hammonds Hausmann; interventions et communications de Christian Hausmann et de votre serviteur à Biarritz, Bourg la Reine, et Settat (Maroc) .

Avis aux amateurs et aux professionnels, la FFF (Fédération des Fumistes Fainéants) licencie des entraîneurs mais a un besoin urgent de médiateurs.

« Mon but n’est pas de convaincre mon adversaire mais de m’unir avec lui dans une vérité plus haute ». Raymond Domenech? Non, Saint Thomas d’Aquin.

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[1] « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

On commence par « La douleur », un volume de nouvelles dont la rédaction est contemporaine des événements évoqués, mais que leur auteure dit avoir retrouvées dans un tiroir en 1985. Le choc est violent. Inquiétude, effroi et aussi malaise et révolte, d’un texte à l’autre, qui ont pour thèmes l’Occupation, la déportation, la résistance, la collaboration.

Puis on profite de la sortie en Folio de la monumentale ( près de mille pages ) biographie que Laure Adler a consacrée à Marguerite Duras, intitulée sobrement « Marguerite Duras » pour mieux comprendre la part de vécu que comportent ces récits terribles qui nous ont tant bouleversé. Le vaste ouvrage, qui vise à l’exhaustivité – non sans quelques redites – fait découvrir une personnalité singulière et une existence agitée mais aussi une auteure poussée par un impérieux besoin d’écrire et qui construira une œuvre dont l’énumération s’étale sur plus de quatre pages ( filmographie comprise).

Alors on a envie de la suivre pas à pas dans l’élaboration de cette œuvre considérable, depuis le début. « Les impudents » date de 1943. On est séduit dans ce tout premier roman par le mystère des personnages, en attente, par l’absence de psychologie, le poids de la famille, le sentiment de la nature ou plutôt de la terre, la violence du meurtre, la soif de l’argent. Tout cela dans une écriture atone d’où émergent cependant des fulgurances poétiques.

Ces éléments qui ont partie liée, peu ou prou, avec l’expérience de la vie de l’auteure se révèlent récurrents et on se sent familier d’un univers à la lecture de « La vie tranquille » ( 1944). C’est donc en connaissance de cause qu’on lit « Un barrage contre le Pacifique » ( 1950) qui fit beaucoup pour la réputation littéraire de Marguerite Duras et bénéficia d’une adaptation cinématographique ( pas par notre écrivaine, pas encore ). Et puis là on constate, avec un certain désarroi, que le charme n’opère plus, que l’ennui gagne, que les répétitions pèsent, que l’argument, mince, semble étiré.

Peut-être faudra-t-il chercher plus avant dans la création de Marguerite Duras pour découvrir l’incomparable musique que célèbrent ses adulateurs. Peut-être. Plus tard. Plus loin, dit-il.

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Note : Tous les ouvrages cités sont disponibles en Folio

Lorsque je me réveille le lundi matin et regarde depuis mon balcon la Tour Eiffel qui dépasse les toits, je dois me pincer.

Incapable de résister à l’arôme de ma boulangerie voisine, je prends pour mon petit déjeuner un pain au chocolat et un expresso (antidote pour les yeux embués), tout en passant l’Arc de Triomphe et traversant le Parc Monceau. J’arrive Avenue Vélasquez après une agréable marche de 20 minutes - que demander de plus…

Il y a 15 mois j’ai fait un petit pas (ou peut être un grand saut) sur le continent et suis passé du statut de solicitor à Londres à celui d’avocat à Paris.

Mes attentes ont-elles été comblées en troquant le chapeau melon pour le béret?
A vrai dire, je n’ai pas encore rencontré de béret pas plus que je n’ai vu de chapeau melon en 7 années d’exercice dans la « City » (sauf ceux portés par les huissiers des établissements financiers les plus anciens). Ainsi meurent les mythes…

D’un point de vue personnel, le passage du statut de salarié à celui de collaborateur libéral (mettre en place son propre « fonds de commerce », et employer un expert comptable pour ce faire) a été un véritable challenge. Mais je m’y habitue (puisque je viens juste d’envoyer ma déclaration, j’espère que le Trésor Public est d’accord). Tout est une question d’adaptation.

J’ai décidé de m’installer en France à la suite des succès électoraux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel et des plateformes de « modernisation » économique qu’ils ont mis en avant (oh cruels destins…) et du recul de l’activité MA à Londres. Moins exposés aux vents contraires et encombrés par le crédit, il semblait y avoir une opportunité pour ces acheteurs continentaux désireux de faire des investissements stratégiques au Royaume Uni. Depuis que j’ai rejoins Hammonds Hausmann la plus grande partie de mon activité consiste à gérer des transactions de cette nature.

Peut-être que les rumeurs concernant la fin du modèle anglo-saxon sont exagérées. Pendant le quatrième trimestre 2009, les marchés ont rebondi comme un élastique et en 2010 étaient caractérisés par un cycle de hauts et de bas plus subtils. Alors que les bourses essaient maintenant de chiffrer le risque de dettes des consommateurs et des institutions financières assumées par l’État, il semble que, malgré les indéniables challenges à venir, nous nous dirigions vers la stabilité. Si les entreprises se recentrent sur leurs cœurs d’activités et font face à une concurrence faible, on espère que d’intéressantes opportunités continueront de se présenter.

Dans ce contexte, toute acquisition d’entreprises britanniques dépend plus ou moins de la volonté de l’acquéreur de s’adapter aux lois anglaises sur la base desquelles la transaction est menée. Même si d’une certaine façon les MA britanniques ressemblent aux transactions françaises, il existe des différences subtiles, en particulier l’attitude respective face aux « Reps. and Warranties » (garanties de passif), la manière dont un vendeur se protège pour mener l’exercice de « disclosure » (déclarations), et la jurisprudence anglaise qui détermine ce qui équivaut au « disclosure » effectif.

Pour conclure, suite à la visite récente à Paris de David Cameron, un mot d’actualité… Il semblerait que le Royaume Uni pourrait finir par adopter le modèle continental plutôt que l’inverse – pas uniquement pour ce qui est du goût du risque, mais aussi en matière de réforme constitutionnelle, avec la question de la représentation proportionnelle. Curieuse proposition, d’une part parce qu’elle favoriserait précisément les intérêts politiques dont le peuple britannique a réclamé à corps et à cri le changement tout au long de l’élection récente, et d’autre part parce que la réforme était présentée comme un remède à la difficulté de dégager une majorité, symptôme qu’un mode de scrutin proportionnel ne ferait qu’institutionnaliser. Les modalités alternatives de « PR » (représentation proportionnelle) ont fait la une ces temps derniers: « TV » (vote transférable), « AV » (vote alternatif) ou « AV+ » … plus d’acronymes que dans un organigramme M&A !

LA «CEDH»ET LE PARQUET: OU EST LE «WINNER»?

L'affaire « Medvedyev » (CEDH 29 mars 2010) a pour point de départ l'arraisonnement par des commandos de la Marine Nationale en juin 2002 au large du Cap-Vert, d'un cargo transportant de la cocaïne et battant pavillon cambodgien, le mal nommé « Winner ». Les onze membres de l'équipage ont été privés de liberté treize jours, avant d'être présentés à un juge à Brest. Les requérants, alléguant une privation arbitraire de liberté et se plaignant de ne pas avoir été aussitôt traduits devant un juge ou un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires, ont saisi la Cour Européenne des Droits de l’Homme le 19 décembre 2002.

Sur la violation alléguée de l'article 5 § 1 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme

La Grande chambre de la Cour rappelle dans sa décision du 29 mars 2010 que l'article 5 de la Convention garantit le droit fondamental à la liberté et à la sûreté, droit qui a pour but de protéger l'individu contre l'arbitraire. Elle conclut que la privation de liberté subie par les requérants à compter de l'arraisonnement et jusqu'à l'arrivée du navire à Brest n'était pas régulière au sens de l'article 5 § 1, faute de base légale ayant les qualités requises pour satisfaire au principe général de sécurité juridique.

Sur la violation alléguée de l'article 5 § 3 de la Convention

Les requérants invoquaient aussi l'article 5 § 3 de la Convention qui dispose: « Toute personne arrêtée ou détenue dans les conditions prévue au paragraphe 1 c du présent article doit être aussitôt traduite devant un juge ou un autre magistrat habilité par la Loi à exercer des fonctions judiciaires et a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable, ou libérée pendant la procédure». La Chambre a conclu à la non violation de l'article, considérant qu'il y avait eu une impossibilité matérielle d'amener physiquement les requérants devant une autorité judiciaire dans un délai plus bref. Il est piquant de relever que le gouvernement français, pour sa défense devant la Cour, a vanté les mérites du juge d'instruction : « Ce dernier est un juge du siège totalement indépendant qui a pour mission d'instruire à charge et à décharge, sans pouvoir ni exercer des actes de poursuite ni participer au jugement des affaires pénales qu'il a instruites (…/…) ». Hommage post mortem…

Le statut du Procureur de la République

S’agissant de la portée et de l’interprétation de l’article 5 de la Convention, la jurisprudence de la Cour a eu l’occasion de mettre en avant les exigences de « promptitude », le caractère « automatique » du contrôle, ainsi que certains caractères et pouvoirs du magistrat. En l’espèce, la question du statut du Procureur de la République au sens conventionnel a été éludée par la Grande Chambre, car les requérants avaient été présentés à un juge d'instruction.

A la lumière de cette décision, la possibilité pour le parquet d'intervenir, notamment en cas de prolongation des gardes à vue, semble cependant problématique. Ce magistrat est en effet amené, à agir contre le requérant, postérieurement dans le cadre de la procédure pénale, et il ne présente pas les garanties d'indépendance requises à l'égard de l'exécutif. Suite au prochain épisode avec notamment la très attendue décision « France Moulin c/ France ». Du grain à moudre pour nourrir les polémiques. En synthèse, attention aux parquets trop bien cirés qui soutiennent le pouvoir. Celui de l’Elysée est-il en point de Hongrie ? Tonnerre de Brest !

«CHAUDS-FROIDS » CLIMATIQUES ET DIPLOMATIQUES

Le réchauffement climatique a mis fin a un conflit frontalier majeur. L’Inde et le Bangladesh se disputaient depuis les années 1970 la souveraineté d’un ilot inhabité de 10 km2 situé dans la baie du Bengale, à l’embouchure du delta du Gange. « New Moore » (pour New Delhi) et « South Talpatti » (pour Dhâkâ) vient d’être englouti par les eaux. Après les avisos, duels de sous marins en perspective. (« Le rivage des sikhs »).

Une corvette anti sous-marine sud-coréenne a coulé en mer jaune à proximité des eaux territoriales nord-coréennes, victime d’une explosion au niveau de la poupe, probablement causée par une mine. (« Le rivage des sink »).

Cette année les phoques canadiens ont été sauvés par un hiver exceptionnellement doux. En l’absence de banquise dans le golf du Saint Laurent, les phocidés sont restés au large de Terre Neuve et du Labrador. Victime du lobbying efficace de Tokyo, le thon rouge a eu moins de chance et a du sushi à se faire. La conférence sur les espèces en danger réunie au Qatar n'a pas adopté l'interdiction de pêcher en Méditerranée et en Atlantique. (« Le rivage deceit»).

Chez nous, le « climategate » a fait monter la température d’un cran. Claude Allègre et son compère paléomagnéticien Vincent Courtillot, vigoureux spécimens de la branche des « climato scepticus », sont en mauvaise posture. L’ancien ministre est accusé par Håkan Grudd, paléo-climatologue suédois d’avoir trompé les lecteurs de son opus « L’imposture climatique », « par un acte contraire à l’éthique scientifique ». 400 chercheurs en science du climat ont par ailleurs adressé aux plus hautes instances de la science française et à la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, un appel pour faire cesser les falsifications de données et autres manipulations de graphiques. Pour défendre son livre, le courageux Claude Allègre quitte le terrain miné des certitudes scientifiques: «Toutes les courbes(y) sont redessinées. Il y a donc des inexactitudes ou même des exagérations par rapport aux originaux. C’est un choix éditorial ». L’imposture importune l’importun. A qui profite le crime ? Allegro ma non troppo (« Le rivage du cirque »).

ACTUALITE JUDICIAIRE

Criminalité en col… Mao
Sombre affaire de corruption, de protectionnisme déguisé et de règlement de comptes commerciaux devant la cour populaire de Shanghai. Quatre salariés du groupe Rio Tinto sont accusés de vol de secrets commerciaux et de corruption. En toile de fond, un différend entre la Chine et le géant minier australien qui avait refusé un rabais important sur le prix du minerai de fer dont la Chine est le plus gros importateur mondial.

En Chine, les avocats plaident généralement coupables et moins de 1% des procès finissent par une relaxe ou un acquittement. Il y a quelques années Ségolène Royal avait rendu un hommage très commenté à la rapidité de la justice chinoise. Google, qui vient d’annoncer à grand renfort de publicité la fin (?) de l'autocensure qu'elle s'imposait en Chine, et qui a transféré ses usagers chinois sur son site de Hongkong, n’a qu’à bien se tenir. La police chinoise, qui veille au grain, a par ailleurs arrêté le 26 mars un homme suspecté d’avoir empoisonné des raviolis surgelés à destination du Japon. L’affaire a entrainé un malaise… diplomatique (« Le lotus bleu »).

Droit de la consommation et santé publique
Alertée par un taux de ruptures anormal, l'AFSSAPS lance une alerte aux prothèses mammaires défectueuses. Elle a décidé le retrait du marché et le rappel de prothèses mammaires en gel de silicone de la société « Poly implant prothèse ». « PIP », ex-leader du marché français, aurait utilisé un gel de silicone susceptible de provoquer des inflammations et des risques d'éclatement (« Objectif lune»).

Droit de l’environnement : affaire Erika : on fait le total
La Cour d'appel de Paris a confirmé la responsabilité pénale de Total pour imprudence dans l'affrètement du pétrolier Erika. Les indemnités de première instance ont été alourdies, passant de 192,5 à 200,6 millions d'euros. L'affréteur du cargo qui traditionnellement se dédouanait de toute responsabilité en se dissimulant derrière le propriétaire ou le gestionnaire du navire est condamné. L’arrêt introduit la notion de préjudice écologique. Cependant, la cour estime que Total en tant qu'affréteur n'est pas civilement responsable des dégâts provoqués. La convention internationale « CLC » sur la responsabilité civile, pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures de soute, impute la responsabilité de la pollution au propriétaire du navire. Pour les lecteurs qui restent sur leur faim, séance de rattrapage avec les dérives de l’affaire «pétrole contre nourriture», le programme de l’ONU mis en place dans l’Irak de Saddam Hussein. Gare aux sables mouvants de la procédure. André Frossard disait que la foi du charbonnier est moins vive depuis la découverte du pétrole. (« Au pays de l’or noir »)

Droit pénal : garde à vous et garde à vue
« Touchez pas au Grisbi » et tir à vue entre avocats et policiers devant la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris. La basoche reproche aux pandores des propos « gravement outrageants à l'égard de la profession d'avocat », et demande un euro symbolique au syndicat « Synergie Officiers ». Un tract diffusé en novembre 2009 par ce syndicat et le secrétaire général adjoint du syndicat, Patrice Ribeiro (sur RTL), critiquaient la cupidité des avocats et réaffirmaient leur opposition à la présence de l'avocat en garde à vue. Argumentaire et mélange des genres pour le moins frelatés. Mais je suis juge et partie. (« Le trésor de Rackham le rouge »)

Droit du travail : remise en cause des acquis socio-politiques
Rachida Dati n’est pas contente. Victime de l’implacable politique de rigueur budgétaire de notre grand timonier (et accessoirement du vent mauvais post élection européenne), elle perd sa 607, son chauffeur, et quelques gorilles. Heureusement elle garde sa Toyota Prius de fonction de maire du 7ème arrondissement. Motorisation hybride, plus sûre quand on change de régime, mais attention tout de même au freinage avenue… Rapt. (« Les bijoux de la Castafiore »)

CRIMES, CHATIMENTS ET FARGHESTAN

En français dans le texte : «La chambre des cartes»
«Plus que partout ailleurs, il était aisé à l’Amirauté de se convaincre de tout ce que comportait de désuet la mesquine politique d’espionnage en faveur de la Seigneurie. L’image d’une irrémédiable décadence tenait dans le coup d’œil qui, du haut de la tour des signaux, plongeait sur la «base des Syrtes». En face de la forteresse, une jetée croulante et envahie par l’herbe fermait un port médiocre, au fond duquel se découvraient à marée basse de grandes vasières. A l’extrémité élargie du môle se dressait la pyramide d’un énorme tas de charbon; on y puisait si rarement que des herbes folles, et même de petits arbrisseaux, avaient fini par le coloniser, l’apprivoiser au paysage comme les collines aux formes étranges des terrils de mines abandonnées. Deux avisos de petit tonnage et d’un aspect vétuste étaient ancrés le long de la jetée, trois ou quatre pinasses à moteur basculaient à marée basse sur les vasières. » (Julien Gracq, « Le Rivage des Syrtes » 1951 ; chapitre 2)

« Crimes & Châtiments »
Pour conclure, ne ratez pas au musée d’Orsay la très belle exposition « Crimes & châtiments » placée « sous le signe de Caïn », pour reprendre le titre de la préface du catalogue, rédigée par Robert Badinter. L’ancien garde des sceaux a présidé à la naissance de l’exposition organisée par Jean Clair.

Les crimes (déicides, parricides, fratricides etc), les châtiments (une guillotine), la justice, la folie, le bien, le mal, l’art, la science, tout le monde a été convié à ce grand sabbat/saga de la volupté, de la mort et du sang. Quid du sens ? La faute à qui?

Un aphorisme ambigu de Joseph de Maistre pour tenter de mettre tout le monde d’accord : « Le glaive de la Justice n’a pas de fourreau ». (« Les soirées de Saint- Pétersbourg », 1821)

Antoine ADELINE

« Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d’horreur, que l’homme heureux n’y peut songer sans prendre honte de son bonheur. Et pourtant ne peut rien pour le bonheur d’autrui celui qui ne sait être heureux lui-même. Je sens en moi l’impérieuse obligation d’être heureux. Mais tout bonheur me paraît haïssable qui ne s’obtient qu’aux dépens d’autrui et par des possessions dont on le prive. Un pas de plus et nous abordons la tragique question sociale. Tous les arguments de ma raison ne me retiendront pas sur la pente du communisme. »

Commencer notre premier éditorial de printemps de cette nouvelle décade avec une citation des Nourritures terrestres est pour nous donner du cœur à l’ouvrage après un long hiver et une série de catastrophes et de mauvaises nouvelles. Que le soleil vous bénisse et vous fasse oublier, un peu, les tremblements de terre, les tsunamis, le chômage, la réforme de la retraite et les élections ratées.

Jean-François Morel, qui nous assiste dans la préparation de la Revue, propose cette citation lapidaire d’André Gide :

« Il est bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant »

Nous la dédions au gouvernement en lui souhaitant d’en faire bon usage pendant les deux prochaines années du quinquennat de notre président hyperactif.

Politique

Qui a gagné les élections régionales ?

Réponse : les prévisionnistes qui ne se sont pas beaucoup trompés, pour une fois donc… Les abstentionnistes majoritaires, les sympathisants du FN, père et fille, les supporters de Cécile Duflot, qui nous a fait oublier Cohn-Bandit, les militants du FLNC, les amis de Frêche, Ségolène Royal relancée ou encore les Alsaciens sans les Mosellans en joint venture avec les Réunionnais et les Guyanais. Dimanche soir, les politiques de tous bords se sont bousculés sur les plateaux de télévision pour chanter leur victoire, alors que la plupart des gagnants ci-dessus étaient terriblement absents. Néanmoins, nous avons entendu Georges Frêche prononcer des amabilités à destination de la reine des 35 heures, les Le Pen dire du bien de tout le monde, avec billevesées, alors que Lacécile se positionnait comme présidentiable, ce qui fait déjà trois femmes, avec Laroyale et Lamartine.

Pour fêter les résultats rosés, la France s’enfonce dans la grève. C’est une manière de remercier les électeurs d’avoir bien accompli leur devoir civique alors que le gouvernement abandonne la taxe carbone en guise de cadeau au grand dam de Cécile et de Michel Rocard.

« Je ne peux marcher plus vite que mon parapluie » (inédit), pour remplacer « marcher plus vite que son ombre » ou « plus vite que la musique ». Après un hiver particulièrement pluvieux, la modernisation de cette expression pourrait nous attirer les foudres du soleil tant attendu.

Il ne vous aura pas échappé que Dominique Galouzeau a passé toute la journée du 3 mars au Salon de l’agriculture et s’est fait photographier caressant les vaches, alors que le président s’est contenté d’une petite demi-heure le jour de la fermeture, avant l’ouverture. Il a vu les animaux, mais pas les éleveurs. Dominique de… un nouveau chantre de la ruralité et rassembleur de tous les mécontents, déçus de l’UMP, mais aussi du parti de Hervé Morin, ministre de toutes les armées. Son slogan : « il faut aller plus loin », précisément mais il ne dit pas où se situe le « plus loin ». En attendant il a créé son mouvement, encore anonyme, « au service des français, destiné à les rassembler ». La gifle reçue par l’actuel habitant de l’Elysée le place en pole position au côté de Ségolène, Martine et Cécile, alors que François Fillon est en deuxième ligne.

Tourisme

L’eusses-tu cru ? Les habitants des îles Goyave, les Goys, sont de paisibles sauvages vivant de la pêche au thon rouge et de la cueillette des goyaves. Les premiers Goys n’ont été découverts par l’homme blanc qu’au début de ce 3ème millénaire. Distante de plus de 500 miles des îles Marquise, le jeune gouvernement Goyave est en discussion avec le Club Méditerranée pour l’installation d’un village de paillottes, style années 1960, pour baby-boomers à la recherche nostalgique du « bon sauvage ». Bernard Tapie est d’accord pour financer l’investissement si on lui réserve une case à l’année loin de la rue des Saints Pères. Il ne faudra pas oublier d’évangéliser les goys.

Prenons le temps de souffler et préparons les prochaines vacances aux îles Goyave. Il faudra vous y rendre à la nage en attendant qu’Easy Jet ou Ryan Air s’intéresse à cette nouvelle destination bobo. Pour l’instant, il n’y a pas d’aéroport, ni de piste, seulement un récif de corail, quelques kyte surfeurs.



Justice

► Le TGI de Moulin ne sera pas fermé, ainsi en a décidé le Conseil d’Etat contre l’avis de Rachida, qui a préféré lâcher ses convictions pour prêter serment en enjambant une passerelle instable.

► Jacques Viguier, professeur de droit public, acquitté en première instance du meurtre de son épouse, a été jugé en appel devant la cour d'assises d’Albi. Parmi les éléments à charge, figurent un sac à main, le jeu de clés de Susy et des taches de sang, le tout retrouvé dans la maison familiale, alors qu’avait disparu le matelas où dormait Mme Viguier, jeté dans une décharge publique pour finir brûlé. L’absence de corps, de preuve, d’indices, voire de mobile précis a rendu l’accusation fébrile, ce que le jury populaire a reconnu en acquittant une deuxième fois le publiciste. Le pire n’étant pas certain, le matelas et le sac à main n’ont pas parlé.

► Attention aux promotions, un cadre de chez Renault qui a bénéficié d’un avancement et d’une augmentation s’est plaint que ces nouvelles fonctions lui avaient causé un stress insurmontable et se suicide à son domicile en laissant bien en évidence le message suivant : « je ne peux plus rien assumer, ce boulot, c’est trop pour moi, ils vont me licencier et je suis fini ». Le TASS de Versailles a estimé que le suicide était imputable à ses conditions de travail. Le « verdict » était pourtant loin d’être acquis, car le suicide a été commis dans un lieu privé. Néanmoins, le TASS reproche à Renault de ne pas avoir pris la mesure des difficultés rencontrées par ce salarié après sa promotion, qui se plaignait que ses horaires dépassaient largement les 35 heures. Affaire à mettre au crédit de la fille à Monsieur Delors.

► Stéphane Richard, nouveau DG de France Telecom, l’homme à qui tout réussi, HEC/ENA, ami de Sarko, 5 enfants, belle femme, sportif. Saura-t-il gérer le stress de ses collaborateurs ?

► Le juge d’instruction : une espèce menacée, résiste mieux que le thon rouge.

► Le Sieur Devedjian a porté plainte pour diffamation contre l’homme Peillon pour avoir lu le Canard. On croit rêver ! Le Canard avait en effet exhumé un article paru dans le Petit Varois enchaîné du 11 novembre 1965 qui relatait l’arrestation des sieurs Deveidjian et Madelin pour une série de « bêtises » commises en août 65 du côté de Saint-Tropez. Ces deux là étaient précoces en politique et de tristes sires selon le chroniqueur judiciaire de Draguignan où ils passaient en correctionnelle.

Economie

► Connaissez-vous Robert Schiller, le grand spécialiste des bulles (1946), professeur à l’Université de Yale, auteur du best-seller Irrational Exuberance et chantre de la théorie de la rétroaction (feedback theory), qui mène à la création des bulles spéculatives ?

► AF / KLM annonce des pertes historiques et les pilotes se mettent en grève pour soutenir l’entreprise. Bravo pour cet esprit civique. Ryan Air devrait transporter en 2010 autant de passagers qu’Air France et KLM réunis. C’est un peu comme les journaux gratuits dont le tirage dépasse, tout au moins en France, celui des quotidiens payants. L’idée est sans faille aucune. Si AF fait des pertes, c’est que son exploitation n’est pas rentable, donc en clouant les avions au sol on réduit les coûts variables.

► Saviez-vous que les dépenses publiques et transferts représentent 52,7 % du PIB français ?.

C’est une spoliation, le plus gros hold-up de tous les temps organisé par nos gouvernants successifs de la Vème République..

Les spoliés s’organisent => travail au noir, évasion fiscale, chômage chronique, refus du travail, précarité, afflux extérieur altéré non pas par les perspectives d’embauche, comme par exemple au Canada, mais l’attrait de la solidarité, des allocations et conventions sociales.

D’aucun reproche aux seniors qu’on oblige à travailler de plus en plus tard au détriment des jeunes, d’être les bénéficiaires de cette spoliation. C’est insupportable ?

Quelles solutions ?

 Diminution des prestations, peut-être ;

 Allongement de l’âge de la retraite et emploi des seniors, sûrement.

 Augmentation des cotisations, probablement.

 Création de richesses + inflation, certainement.

 Création d’emplois et réduction du chômage par la formation, l’apprentissage, le retour d’exil, les nouvelles technologies, ce n’est pas si facile en France.

 Diminuer la durée du travail, au secours Lamartine.

 Maintenir l’âge de la retraite à 60 ans, même si le nombre d’années travaillées est moindre corrélativement avec l’allongement des études (une revendication des syndicats), absurde !

 Maintenir un niveau élevé des prélèvements, c’est déjà le cas, la France étant le dernier de la classe en UE.

 Echelle mobile d’allongement de la durée du travail, pourquoi pas, à étudier.

 Faire plus d’enfants, c’est la bonne solution, ils paieront à notre place.

 Inciter les jeunes diplômés étrangers à venir travailler ou faire de la recherche en France en épousant des Français(es).

Illustration : le Professeur Etienne-Emile Baulieu, 83 ans, travaille à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre et en son laboratoire au Scripps Research Institute (Cal.). Les artistes, politiciens, professions libérales, agriculteurs ne prennent jamais leur retraite et personne ne les oblige à la prendre.
Si tous les Français étaient avocats ou prêtres, il n’y aurait pas de chômeurs.

► Estrosi se bat contre la désindustrialisation, vu le bétonnage de la Côte d’Azur, il ne peut que réussir, alors que Madame Lagarde, notre consœur, en disponibilité du barreau, reproche à Angela Merkel le niveau scandaleusement élevé de ses exportations. Selon la locatrice de Bercy, les Allemands ne jouent pas le jeu, ils sont égoïstes et ne font rien pour stimuler leur consommation, mais se contentent, comme les horribles Chinois, d’exporter leurs produits, sauf que pour les Germains, ce n’est pas de la bimbeloterie, mais de belles machines-outils et autres produits technologiques, que les PME souabes continuent à fabriquer depuis la guerre.

Chronique politique du Brésil

Que penser des années Lula qui achève cette année son deuxième mandat présidentiel : apréciation du real vis-à-vis du dollar. (380R en 2002, 178 R = 1$ aujourd’hui). Quel a été l’apport de Enrique Merelles, président de la Banco Central do Brazil, ex-président de First Boston à New-York ?

En raison du faible niveau d’épargne, le déficit de la balance courante devrait continuer à se creuser. Toutefois, on observe une baisse de l’inflation qui passe de 6 à 4 %. Avec une augmentation du PIB de 2,2 % fin 2009 par rapport au 3ème trimestre, l’économie du pays semble repartir, ce qui est de bon augure pour l’élection de la protégée de l’actuel président, Dilma Rousseff. En 2010 le PIB devrait repasser la barre des 5%. D’autant plus qu’avec l’implantation de nouvelles usines automobiles, l’investissement a déjà connu une progression de 3,6 % au dernier trimestre 2009.

Les années Lula représentent la période de stabilité la plus longue que le Brésil ait connu avec une visibilité économique accrue qui ne se mesure plus en mois, mais en années. Augmentation du tissu industriel, forte création d’entreprises familiales, 70 % de la population urbanisée. Lula a fait passer de nombreux pauvres dans la classe moyenne. Puissance de l’industrie automobile, mais aussi de Petrobras, qui représente 10 % du PNB, ce n’est pas encore la Sonatrach) dans un environnement de réglementation sociale à la française (négociation de branches, réduction du temps de travail…).

Lula est un syndicaliste charismatique avec un certain cousinage avec Lech Walesa, mais qui a réussi.

La politique sociale a pour inconvénient de renchérir les coûts de production des produits manufacturés. Si Lula, un populiste démocrate, se représentait, ce que la constitution ne permet pas (limitation à 2 mandats), il serait réélu à plus de 70%.

La grande force de Lula, qui ressemble sur ce point à Chirac, est d’être conscient qu’il ne sait rien.

Nos meilleurs vœux pour un printemps ensoleillé et sec qui chasse les frimas et la morosité.

« Mon jeune camarade, j’aime beaucoup votre ignorance ; elle vaut bien la doctrine des autres : au moins vous n’êtes pas dans l’erreur, et si vous n’êtes pas instruit, vous êtes susceptible de l’être. Votre naturel, la franchise de votre caractère, la droiture de votre esprit, me plaisent : je sais quelque chose de plus que le commun des hommes ; jurez-moi le plus grand secret sur votre parole d’honneur, promettez de vous conduire avec prudence, et vous serez mon écolier. » Ainsi s’exprime Jacques Cazotte dans « Le Diable amoureux » . Cet écrivain philosophe né en 1719 fut guillotiné en 1792.

Innovation

Depuis Adam et Eve, les humains professent des théories et des dogmes, ils affirment haut et fort leurs certitudes du moment et leur croyance feinte ou réelle. Les vérités d’un jour sont si fortes qu’en leur nom les hommes se croient autorisés à tuer les infidèles. Cette mort qu’ils administrent sans brevet, ils la donnent de manière expéditive (guillotine), après un simulacre de procès (inquisition) ou sous le prétexte d’une guerre déclarée ou pas.

La liste des guerres est trop longue pour en dresser l’inventaire, mais toutes les guerres sont injustes, souvent elles sont de surcroît stupides ou les hostilités engagées sous un prétexte fallacieux, comme celle que Napoléon III a déclaré à la Prusse en septembre 1870 parce qu’il n’avait pas gouté le ton de la fameuse dépêche d’Ems que Bismarck avait travestie pour son plaisir et par provocation. Le Petit Napoléon est tombé dans le panneau et les alsaciens mosellans ont trinqué.

Comme l’écrivait Cazotte, l’ignorance protège les hommes des certitudes absolues, du prétendu savoir, qui engendrent le fanatisme et l’idéologie intolérante.

Entendez les pseudos scientifiques qui pérorent sur le réchauffement climatique, mais sont démentis par d’autres le lendemain. Il en est ainsi des banquiers, tellement occupés à spéculer qu’ils n’ont pas vu arriver la crise qu’ils ont pourtant provoquée en raison de l’abondance de la monnaie, comme à l’époque de John Law, cet écossais qui institua le billet de banque pour faire face aux excès budgétaires provoqués par le Grand Siècle, mais qui a vu le système s’écrouler suite à la spéculation et à de nouvelles émissions ayant conduit à l’éclatement de la bulle, à une explosion des retraits et enfin à la banqueroute générale.

Chacun campe sur ses positions, ses certitudes auxquelles il ne croit déjà plus, mais les défend bec et ongle parce que c’est sa raison d’exister et qu’elles symbolisent l’appartenance à son camp. Quand le 1er secrétaire du PS admet timidement que l’âge de la retraite pourrait être repoussé, il doit le lendemain démentir cette timide avancée pour s’enfoncer dans un dogmatisme partisan.

Avocats, nous sommes libres et devons le rester. L’arrivée soutenue de politiques dans nos rangs, moyennant des passerelles plus ou moins solides, ne doit pas faire reculer cette liberté d’opinion, cette ouverture d’esprit et absence de dogmatisme. Conservons le privilège de défendre un jour l’employeur, le lendemain l’employé, le vendeur, puis l’acheteur, la victime et la brute.


Que faire pour avancer dans l’obscurité dans un monde technologique ?

Arrêtons les débats stériles par trop médiatisés, dont l’idéologie l’emporte sur la recherche du progrès. Investissons dans la formation de nos jeunes pour qu’ils acquièrent la connaissance, mais aussi le bon sens, l’esprit critique et le respect du travail bien fait. N’oublions pas que l’innovation est seule capable de sauver notre civilisation occidentale vieillie et repue comme l’était Rome du temps de sa décadence.

L’innovation exige une alliance sans faille entre enseignants, chercheurs, politiques, PMI/PME et bailleurs de fonds. Mais l’innovation ne se mesure pas comme un dividende ou les trépidations du CAC 40, elle s’accommode mal des médias, préférant le long terme au sensationnel. Pourtant, les téléspectateurs s’ennuient quand on leur parle d’innovation et les journalistes préfèrent rendre compte de procès fleuves ou des bonus des traders, boucs émissaires de la crise.

La recherche et l’innovation sont essentielles au même titre que la volonté politique et la mobilisation du citoyen du monde pour conserver ce qui reste de la biodiversité et faire régresser, dans 20 ou 30 ans peut-être, la destruction radicale de notre environnement. Pourtant sans l’intervention du régulateur (parlements et technocrates) et des groupes de pression, associations et autres ONG, les progrès seront modestes.

Le capitalisme mondial (même d’obédience communiste chinoise) est sans merci. C’est ainsi que Kraft Foods n’a fait qu’une bouchée de Cadbury, malgré l’hostilité environnante et les traditions ancestrales. Que restera-t-il dans quelques mois de cette enseigne centenaire anglaise ? Rien de plus que les Péchiney, Usinor et autres Boussac.

Faut-il pour autant négliger la défense des droits de l’homme ? La quête de l’innovation doit-elle se faire au détriment des droits de l’homme ? Certes non, la Cour européenne de Strasbourg s’y emploie, comme les avocats d’ailleurs, alors que le politique s’y prend mal (les réceptions systématiques du Dalaï Lama par les cours européennes ne servent qu’à irriter le mastodonte chinois sans pour autant faire avancer la cause des droits fondamentaux).

Arrêtons d’idolâtrer la gouvernance, qui n’est pas source de progrès, elle sert à donner bonne conscience aux multinationales et à enrichir leurs sites internet.

L’individu est conditionné génétiquement et se bonifie tout au long de sa vie avec l’aide de la collectivité qui a misé sur l’éducation.

Il est urgent de revoir notre hiérarchie des valeurs pour l’adapter à un monde qui a été bouleversé depuis l’après-guerre, qui est devenu global par les moyens conjugués de la réduction des temps de transport, de l’internet et de la finance internationale, mais aussi de l’usage généralisé de l’espéranto moderne qu’est l’anglais.

Il est peu probable que le forum de Davos et son ballet de « dirigeants », avec apparition de chefs d’état pour une courte allocution, aideront à conduire cette mutation des esprits et des économies dont nos enfants endettés ont un si grand besoin.

La globalisation ne se limite pas aux idées, aux biens et services, à la mobilité de la main-d’œuvre (ce n’est pas une qualité innée des Français, sauf peut-être des jeunes diplômés qui s’expatrient aisément à Londres, nouvelle banlieue de Paris), elle favorise aussi des phénomènes sophistiqués de criminalité à l’échelle planétaire. Comment lutter contre ces comportements criminogènes que la toile favorise ? Il en est ainsi de la cybercriminalité, du trafic de médicaments et d’organes, de la contrefaçon généralisée et de l’esclavage moderne.

Parité

Faut-il imposer un quota de femmes dans les conseils d’administration ? Par tempérament je suis contre l’intervention systématique du législateur pour tout et rien (l’interdiction du bizutage ou de la burqa). La loi est faite pour être transgressée, dénaturée par le juge et infléchie par le politique, disent certains. Evidemment, il faut mettre un terme au copinage, au népotisme et aux retours d’ascenseur, qui font qu’un petit nombre de personnalités mâles siègent dans les conseils d’administration du CAC40. Si un président invite un autre président à siéger à son conseil, il est fréquent que l’invité rende l’invitation au premier.

Pour illustrer ce propos, prenons le cas du président d’une SAS qui réside à l’étranger et dont les fondés de pouvoir sont amenés à procéder à des licenciements en France. Certaines cours d’appel (Versailles, Paris, Colmar…) ont trouvé drôle d’annuler des licenciements au motif que le Président, seul mandataire autorisé dans la SAS, n’avait pas assisté à l’entretien préalable et/ou signé la lettre de licenciement .

Qui cherche-t-on à protéger ? Le salarié est déjà tellement protégé qu’il a du mal à trouver un emploi. L’employeur ? Certes non. L’avocat peut-être, car cette jurisprudence inique va démultiplier le nombre des contentieux prud’homaux . Est-ce le progrès ?

Faut-il alors se réfugier dans le passé, comme Robert Hossein, qui nous propose une reconstitution du procès Seznec de 1924 ? On aurait préféré voir mis en scène le procès Clearstream ou le nettoyage de linge sale en public de la famille Bettencourt, mais c’est par trop contemporain.

A défaut de reconstitution d’un procès qui n’a pas encore eu lieu, certains ont pu entendre et voir François-Marie Banier invité l’autre soir par PPDA à son émission « La Traversée du Miroir » sur France 5. Ceux qui étaient devant leur petit écran ont pu savourer un personnage agressif, pédant, mais cultivé, au verbe onctueux, qui ne s’est pas privé de vilipender les journalistes. Mais rien sur « l’affaire », pas plus que sur le milliard, dont la vieille dame riche l’a généreusement doté pour des raisons toujours mystérieuses, en prélevant sur l’héritage copieux de sa fille. Le procès devait initialement avoir lieu vers la mi-avril, mais il vient d’être reporté au début du mois de juillet.

Gouvernance

Revenons à la gouvernance. S’agit-il d’un gadget aussi creux que le titre d’un article paru récemment dans Le Monde « Il est temps de rompre avec les excès de l’idéologie actionnaire. Les dirigeants d’entreprises doivent être replacés au centre de la gouvernance » ? Si le texte de l’article est aussi puissant que le titre, il faudra serrer votre ceinture. Est-ce au nom de la bonne gouvernance que les médias célèbrent le retour de Messier ou Tapie aux affaires, les exploits industriels de Louis Petiet (Bernard Krief), que le maire de Nice a 8 porcelets sur les bras, ainsi que les raffineurs de Total, les ajusteurs de Renault et les électroniciens de Philips ? Avec tout ce qu’il a sur les bras, le ministre a trouvé le temps de remettre les insignes de l’ordre national du mérite à Delphine Arnault (35 ans), DGA de Dior, diplômée de l’Edhec et de LSE.

Les hommes étant fantasques, devons-nous nous intéresser aux animaux ? Pensez à l’expo du Mamac à Nice qui présente 8 cochons tatoués par Wim Delvoye. BB trouve ça écœurant. Les porcelets ont été anesthésiés avant d’être tatoués par l’artiste… Faut-il arrêter tous les bergers de Provence, dont le cheptel ovin est tatoué ou nos belles Normandes laitières aux lourds piercings dans les oreilles ? Les singes et les souris ont déjà quittés les laboratoires. Soyons sérieux, il n’y a pas de quoi fouetter un bourriquot lorsqu’on expose des animaux dans des enclos urbains, qu’il s’agisse du musée d’art moderne de Nice ou à la Porte de Versailles. Faut-il interdire le salon de l’Agriculture, si cher à notre ancien Président, au motif que les animaux y sont parqués ? En Helvétie, le débat de la représentation des animaux par avocat fait rage et une prochaine votation pourrait instaurer ce droit après la stabilisation du nombre des minarets.

Quelle est la morale de cette histoire ?

A première vue, il n’y en a point. Pourtant, à y regarder de plus près, ce qui domine, c’est que l’homme en fait de trop dans tous les domaines (procès, spectacles, Conseil constitutionnel, avec ou sans Michel Charasse …), développe une boulimie législative alors qu’il y a déjà trop de lois mortes, y compris celles qui ont été promulguées sous le régime de Vichy et qu’on a oublié d’abroger depuis, à l’instar des philosophes accros des soirées où sévit la caméra de Stéphane Bern, et passe plus de temps à se donner en spectacle qu’à réfléchir à l’évolution de notre monde. La presse ne parle que de ce que les lecteurs veulent entendre, comme le Michelin encense la cuisine des grands palaces parisiens avec ses brillantes étoiles au lieu de dénicher le bon bistrot à l’écart des sentiers battus.

Pour créer des emplois en Hexagonie, purifier la planète, intégrer les seniors dans l’économie, il est indispensable d’anticiper et de prévenir. Comme l’emploi bat de l’aile, que notre environnement est profondément pollué et que la réversibilité n’est pas pour demain, il devrait être possible de gagner la victoire des seniors, qui passe d’abord par une réforme de l’âge de la retraite et ensuite une bonne dose d’idées originales. Là encore, le politique veut passer en force en instituant des pénalités pour les entreprises qui n’auraient pas négocié un accord collectif pour faciliter l’intégration des seniors.

Parmi les bonnes nouvelles, saluons le vote prochain d’une loi instituant l’EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée) qui permettra de placer les artisans et autres travailleurs indépendants sur un pied d’égalité avec ceux qui ont choisi de gérer leurs affaires sous le couvert d’une société, l’accès au Conseil constitutionnel à tout justiciable, comme s’il n’y avait pas déjà assez de tribunaux d’exception en France et ce, même après la réforme de la carte judiciaire rachidienne, notre nouveau confrère, ou le projet de suppression de Tribunal aux armées de Paris préconisée par Hervé Morin. Saluons le ciel de Paris libre d’avions grâce à la grève annuelle des aiguilleurs du ciel, les rues de la capitale libérées des quatre roues grâce à la pénurie de carburant. Que de raisons d’optimisme et de médailles en chocolat à Vancouver.

Pour sortir de l’hiver et de la morosité, nous vous conseillons la lecture de « Point de vue et Images du Monde ».

Nous avons encore noté pour vous la baisse du taux d’intérêt légal à 0,65%, une bonne affaire dont les mauvais payeurs profiteront comme des soldes. Ne faudrait-il pas instituer un taux d’intérêt légal minimum, disons 5 % à l’instar de l’Allemagne, avec augmentation en fonction de l’allongement du retard pour décourager les débiteurs indélicats ?

A la Saint Valentin avez-vous pensé à offrir un bracelet à votre conjoint entreprenant ?

A tantôt.

A.

Acte d’avocat ou contreseing -> Acte sous seing privé. Ersatz à la fusion avec les notaires ? Proposition de loi d’Etienne Blanc soutenue par MAM (force probante renforcée, mais pas de force exécutoire, réservée à l’acte authentique. Pourquoi ? Rendrait plus difficile la rétractation par l’une ou l’autre des parties à la convention. Pourrait s’avérer utile en matière familiale, comme par exemple un accord sur la gestion des biens communs et la garde des enfants en attendant le prononcé du divorce. Mais aussi en matière sociale comme par exemple la conclusion d’une transaction après un licenciement. L’acte d’avocat serait un leurre selon ses détracteurs. Les experts-comptables remontés revendiquent aussi le droit d’apposer leur signature sur tout acte en lui conférant ainsi cette sécurité juridique supplémentaire. Ils exigent que le dispositif leur soit étendu, d’autant plus que sous certaines réserves, et ce à titre accessoire, ils sont habilités à rédiger des actes juridiques. Que restera-t-il des préconisations timides du rapport Darrois si le contreseing pouvait-être apposé par tout membre d’une profession libérale ou non, comme par exemple un médecin, un huissier et pourquoi pas un commissaire-priseur ou un expert judiciaire (liste non exhaustive) ? On est en plein corporatisme et nouvelle déclaration de guerre entre professionnels du droit et du chiffre. [Les Echos du 6 janvier 2010].

Mahmoud Ahmadinejad, chantre de la démocratie et des droits de l’homme, compagnon des pasdarans et bassidjis, geôlier de Clothilde Reiss.

Algues vertes, fléau de la Bretagne, elles déclenchent la polémique, le préfet des Côtes d'Armor mettant en cause l'agriculture intensive dans leur développement. Autant vous le dire, l’augmentation de la consommation de sushis n’est pas la solution. Que dire du sel que la voierie répand par tonnes entières sur les routes de campagne sans penser à la pollution des nappes phréatiques, ni à nos bonnes terres labourables qui, si les hivers enneigés se multipliaient, seraient bientôt arides. Le sel tue tout, la végétation, la chaussée, les chaussures, mais aussi les voitures, si chères au cœur des Français. Il faut abolir l’utilisation du sel pour éliminer la neige. Les Scandinaves et les Canadiens roulent bien sur des routes enneigés pendant plusieurs mois durant l’hiver sans apport de sel.

Arbitrage. Nous vous en avons beaucoup parlé en 2009. Paris, « place d’arbitrage international » est plus que jamais un combat nécessaire devant la concurrence de nouvelles places actives, notamment en Asie du Sud-Est, comme celles de Hong Kong et de Singapour. Paris offre des avantages incontestables sous l’ombre tutellaire de la CCI, des formations spécialisées (DEA, DESS) dans nos universités parisiennes que ce soit Paris I, Paris II, Versailles et j’en oublie, d’autres centres d’arbitrage comme le CMAP et l’AFA, mais également une population hautement qualifiée d’arbitres et de conseils, qu’ils soient professeurs de droit, anciens magistrats, avocats français ou étrangers, et des revues excellentes comme la Revue de l’arbitrage dont le rédacteur en chef est le professeur Charles Jarrosson, qui a poursuivi avec talent le travail du professeur Fouchard, décédé accidentellement il y a quelques années en Egypte. Mais il y a aussi le juge de tutelle, que ce soit les chambres spécialisées de la Cour d’appel de Paris et de la Cour de cassation, qui ont développé une jurisprudence en tous points excellente et favorable à l’arbitrage en tant que mode alternatif à la justice étatique.

Ariane a 30 ans, fraîche comme un gardon.

Catherine Ashton, sa nomination par le Conseil de l'Union européenne le 19 novembre au poste de Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎ a fait des remous, d’aucuns n’hésitant pas à mettre en avant son inexpérience. On verra. Saura-t-elle imposer une stratégie européenne unique ?

Avatar, mot à la mode en 6 lettres, titre du film à $500 millions de James Cameron. L’avatar est à l’origine une incarnation d’un dieu dans la culture hindouiste ; c’est aujourd’hui le petit personnage qui vous représente sur le net, accompagné généralement d’un pseudo.

Avocats, il y en avait 50 314 en France au 1er janvier 2009 (+ 14% en 5 ans, + 38 % en 10 ans), moyenne d’âge 42,8 ans avec > 50% de femmes (selon l’Observatoire du CNB et Avocats en Entreprise). L’avocat est en passe de devenir un Jack of all trades, master of none, une espèce de Vishnu à en juger par ses nouvelles activités multiples : mandataire fiduciaire, correspondant informatique et liberté, agent immobilier, mandataire de clients sportifs, d’artistes et d’auteurs, lobbyiste et aussi bientôt avocat en entreprise.

AZF -> circulez, il n’y a plus rien à voir. Le Tribunal correctionnel dans son jugement du 19 novembre 2009 ne retient aucune responsabilité, ni celle des dirigeants ni celle de Total, la cause de l’explosion n’ayant pas pu être déterminée avec certitude, et prononce la relaxe des prévenus au bénéfice du doute.


B.

Bartholomée 1er, archevêque de Constantinople, il est le primat de l'Église orthodoxe depuis le 2 novembre 1991, surnommé le Patriarche vert en raison de son engagement pour la défense de l’environnement, il a reçu la visite de Benoît XVI à Istanbul.

 Quartier des Batignolles, future implantation du Tribunal de grande instance qui devrait quitter l’Ile de la Cité au plus tôt en 2015 (début des travaux prévu en 2012).

François Bayrou fera-t-il un come-back en 2010 après une année calamiteuse en 2009 ?

Benoît XVI a proclamé Pie XII « vénérable », ce qui surprend, notamment en raison de son silence pendant la dernière guerre.

Stéphane Bern, il m’énerve…, d’autres en raffolent.

Eric Besson, l’homme politique le plus détesté des Français, à l’identité nationale douteuse et fâché avec Cambadélis, un ami de toujours. La presse s’est parfois fait l’écho de ses relations tendues avec son entourage familial, notamment son ex-femme, Sylvie Brunel et sa fille, Ariane Fornia, dont nous vous parlions dans notre Revue d’octobre.

Bettencourt->Jean-Marie Banier (sujétion psychologique ou abus de faiblesse ?), quel lien entre Polanski et Liliane Bettencourt ? Ils ont le même avocat, Maître Georges Kiejman. Si vous êtes intéressés par les qualités littéraires de Banier, vous lirez un petit roman appelé « Les résidences secondaires ou la vie distraite », qui se déroule à Héricy, du côté de Fontainebleau. Ce petit bouquin, publié en 1969 est toujours disponible chez Folio, N° 2444. Il est aisé de se renseigner sur la famille Schüller, notamment Eugène Schüller, fondateur de Loréal, membre de la Cagoule, le père de Liliane, et sur son époux André Bettencourt, décédé en 2007, journaliste à La Terre Française (1940-1942). On ne peut s’empécher de rapprocher cette histoire de famille de celle de Robinson, du nom du Premier ministre de l’Irlande du Nord, dont l’épouse …

Irène Bokova, qui l’a emporté au 5ème tour par 31 voix contre 27 à l’Egyptien Hosni à la tête de l’Unesco.

Omar Bongo décédé le 16 juin, un Bongo peut en cacher un autre. Son fils, Ali, pourrait en effet succéder à son père à la présidence du Gabon.

Bonus, le mot qui fâche, mais qui réunit Nicolas et Gordon, alors que Angela a pris ses distances.

Susan Boyle, une nouvelle star internationale au firmament de la chanson (son premier album s’est vendu à plus de 5 millions d’exemplaires). Ecossaise, célibataire, 48 ans, vit avec son chat.

Carla Bruni, intermittente du spectacle, indemnisable par les Assedic, elle jouera cette année pour Woody Allen et la patrouille de France, dont elle est la marraine. Cela lui laisse peu de temps pour poursuivre son analyse.

 En Italie, le ridicule ne tue plus, en tout cas pas Bufone, dont les frasques matrimoniales et rixes de rue sont célèbres. Il s’est fait récemment tabassé comme le docteur Delajoux (voir ci-dessous). Y a-t-il un lien ? Demandez-le à Patrizia ou Noemi ou encore à Roman Polanski.

Burqa ou Nigab, lequel préférez-vous ? Comme vous avez donné votre langue au chat, pour votre gouverne sachez que la première comporte un grillage devant les yeux, là où le deuxième présente une fente. Après avoir déshabillé les femmes à des fins publicitaires, grâce à la burqa on observe un retour à l’ère victorienne du tout-couvert. Qui s’en plaindrait ? Surtout en hiver.


C.
CAC 40 au 31 décembre 2009 = 4 000

Albert Camus, issu d’une famille d’origine alsacienne, selon ce que l’écrivain défunt prétendait, panthéonisable par la grâce présidentielle, le transfert de ses cendres de Lourmarin au pied du Lubéron au Panthéon, nécessite encore l’accord de sa fille. Pourquoi lui ? Sont-ce ses origines alsaciennes ou algériennes ou encore sa maladie, sa tabagie, son prix Nobel ou son amour inconsidéré des femmes, qui le rendent digne de l’attention présidentielle ? Pourquoi pas Picasso, Philippe Séguin, auteur d’une biographie remarquée de Napoléon III, dont il s’est entiché, Zidane, Jean-Paul Sartre, Maurice Béjart, le baron Haussmann, Pasteur ou (je n’ose le prononcer)… à suivre

Carte judiciaire -> fermeture de 178 tribunaux d’instance, 55 tribunaux de commerce, 62 conseils des prud’hommes et en 2011 23 TGI.

Chichi rattrapé par son passé, comme de Villepin, malgré son immense amitié pour François Pinault, qui n’a pas su le protéger des coups très bas d’un dénommé Charles Pasqua et de quelques juges d’instruction.

Chômage, le mal français. Le plus révoltant étant le chômage des jeunes dans ce pays. Est-ce à dire que nos écoles préparent mal à une entrée dans la vie professionnelle ?

Clearstream. « Je suis ici par la volonté d’un homme, l’acharnement d’un homme… », propos de Dominique de Villepin ; encore heureux que ce ne soit pas par la volonté du peuple.

Dany Cohn-Bendit, celui qui a supplanté BHL, Finkielkraut, Glucksmann et Michel Serres, vedette incontestée des médias, des premières pages de magazine, le compétiteur de Nicolas Hulot, Corine Lepage, Waechter, Jacques Attali, Alain Minc (l’ami intime de Nicolas Sarkozy et du Cac 40). Le frère de Dany, Gaby, ou « couscous » comme on l’appelle rue du Faubourg Saint Honoré, serait candidat à la polygamie, et pour se réaliser a fait une demande de naturalisation au Burkina Faso.

Compliance, autre mot à la mode dont la signification demeure vague. Les grands groupes de ce monde nous bassinent avec la compliance, adoptent des chartes de bonne conduite accessibles sur leur site internet pour se donner bonne conscience, mais pour certains d’entre eux, ne modifie en rien leurs habitudes lorsqu’ils opèrent dans des pays émergents. Sur le plan interne, le népotisme et la consanguinité règnent toujours avec un groupe restreint d’administrateurs cumulards, adoubés par l’Elysée.

Conseil constitutionnel. Décidément, les frères Debré, le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis, et le docteur Bernard, ne sont pas des inconditionnels de Nicolas, plutôt des chiraquiens gaullistes, le premier vient de retoquer la taxe carbone, après s’être fait la main sur la taxe professionnelle, l’autre n’est pas avare en critiques s’agissant de la gestion du gouvernement de la pandémie et de la vaccination A ( H1N1).

Copenhague, c’est l’OPEP qui a gagné.

Cuissardes, équipement indispensable des femmes depuis l’automne 2009.


D.

Rachida Dati, député européen, prédécessrice de MAM place Vendôme, qui a prêté serment le 13 janvier, rejoindrait le cabinet d’avocats Sarrau Thomas Couderc, qui vient pourtant de démentir cette nouvelle. Y a-t-il de la fumée sans feu ? Mais nous voilà déjà en 2010. Sa qualité d’avocat a fait grincer les dents du Conseil supérieur de la magistrature, qui n’a pas été consulté.

Darrois et son fameux rapport remis au Président de la République le 7 avril 2009, un volcan en éruption qui émet un pet. Heureusement, il y a eu les rapports Léger, Guinchard et Magendie.

Docteur Delajoux, le chirurgien playboy et people qui a opéré 3Y, dont l’expertise judiciaire en cours révèlera si ses compétences sont à la hauteur des attentes des vedettes du show-biz, qu’elles habitent en Suisse ou en Californie.

Elie Domata, le prophète de la Guadeloupe, après une année chaude, il nous annonce de nouveaux incendies et de nouvelles émeutes.

Raymond Domenech, dont la popularité dans le monde du ballon tout rond est à la hauteur de celle d’Eric Besson dans la classe politique.

Julien Dray, « rappelé à la loi », entre la relaxe et le non-lieu.

Dubaï, faillite d’un pays qui a voulu se faire plus gros qu’un bœuf, à rapprocher de l’Islande, île perdue dans l’Atlantique Nord, mais aussi des pays baltes et dans une certaine mesure de la Grèce. La situation de ses finances publiques ne l’a pas empêché d’ériger la tour la plus haute du monde, la Burj Khalifa , culminant à 828 mètres avec 160 étages.

Cécile Dufflot, la nouvelle égérie des verts, soutient Europe écologie.

« Durable », tout était durable en 2009, le chômage, la guerre en Afghanistan, la multiplication des commissions présidentielles, le syndicalisme tel qu’issu de la Résistance, les privilèges des uns et la morosité des autres, ainsi que le commerce équitable.

Jacques Dutronc, contemporain de Johnny (les deux ont 66 ans), se lance dans une tournée en remplacement de celle de la star du rock français. A croire que le cigare cubain et les grands crus permettent de conserver la forme davantage que la cigarette et les alcools forts.

E.

EDF, dont le nouveau Président, Henri Proglio, n’hésite pas à tancer Anne Lauvergeon tout en conservant ses aises chez Veolia. Voilà un bel exemple de cumul. Peut-être pourrait-il commencer par clarifier sa paternité de la petite Zohra, avant de s’exprimer sur la cohabitation entre l’EDF et Véolia.

Elevages d’esturgeon dans le Sud-ouest par la Manufacture de Montpon-Ménestérol, dont l’heureux propriétaire est Pierre Berger, qui a été particulièrement prolixe l’année dernière que ce soit par la vente du siècle de Christie’s, le soutient inconditionnel à S. Royal et ses sarcasmes sur le Téléthon.

Enguirlander. Delanoë a fini par enlever les guirlandes de Noël sur les Champs Elysées.

Eoliennes : on double le parc en 2010, mais cela restera une goutte d’eau dans la production d’électricité en France.

EPAD, on ne reviendra pas sur l’entrée manquée de Jean Sarkozy, gros-Jean comme devant.

EVO, un nom comme ça ne s’oublie pas, surtout en Bolivie où le moral est bas.

F.

Fisc et les pratiques de Christine Lagarde, qui achète au marché noir helvétique des listings de mauvais contribuables français tapis à l’ombre des minarets.

La FNAC est à vendre. Pinault, Père et Fils (PPR), se débarrassent de leurs bijoux de famille : biens culturels, la FNAC et Conforama, pour se centrer sur les marques de luxe à l’échelle mondiale et augmenter la collection d’art contemporain stockée dans le discret Palazzina Grassi à Venise, avec sa tête de taureau, Chirac aurait préféré une tête de veau, et sa gorgone spectaculaire.

Foot -> La main de Thierry Henri, les sélections douteuses de Raymond Domenech et la qualification pour l’Afrique du Sud obtenue à l’arrachée.

Pénurie de frites en Belgique et pullulation de dromadaires sauvages en Australie poussés vers les agglomérations en raison de la sécheresse.

G.

 Le dernier G20 présidé par Elisabeth 2 = poisson d’avril

Charlotte Gainsbourg, femme de l’année. Elle a de qui tenir, mais se suffit à elle-même. Elle a quelque chose.

Galère dans le RER A en décembre, quelle honte !

Garde à vue et la Cour européenne des droits de l’homme, affaire à suivre par les avocats.

Google en compétition avec Frédéric Mitterrand pour la numérisation du patrimoine littéraire et artistique français. N. Sarkozy devrait trancher en faveur du neveu -> népotisme.

Le Grand Paris de Christian Blanc déplaît au locataire de l’hôtel de ville, mais le projet de loi a été voté par l’Assemblée nationale le 1er décembre.

Gstaad, dont les citoyens d’honneur s’appellent Johnny Hallyday et Roman Polanski.

H.

Thierry Henri et sa main baladeuse, à rapprocher du coup de boule de Zizou.

Henry IV, dont c’est cette année le 400ème anniversaire de l’assassinat par Ravaillac.

Héricy, charmante localité de Seine et Marne, dont nous avons déjà parlé à l’occasion du petit livre de Jean-Marie Banier, « Les résidences secondaires ».

Histoire et Géographie, bientôt éliminés des programmes de terminale. Nous ne savons pas ce qu’en pense Frédéric Mitterrand, mais nous sommes contre.

Huîtres mal aimées, dont le taux de mortalité juvénile est passé à 70 %.

Nicolas Hulot a perdu la main avec le syndrome du Titanic qui s’est traduit par un flop.

I.

Identité nationale -> voir Eric Besson

Intempéries, c’est le mot de circonstances depuis les premières chutes de neige de décembre sur Paris. Nous en sommes à la troisième édition.
2 écrivains roumains de langue française dont le patronyme commence par un i :

Eugène Ionesco (1912- 1994), dont la contribution au théâtre français est remarquable.

Panaït Istrati (1884-1935), fils d’une paysanne roumaine et d’un contrebandier apatride sédentarisé en France après une vie nomade, découvert par Romain Rolland (comme Jacques Canetti découvrait de grands artistes de la chanson).. A découvrir ou à relire.

Yasushi Inoué, écrivain japonais encore avec un i, dont vous lirez « Le Fusil de Chasse », et « Le Faussaire »).


J.

Michael Jackson, dont la vente de disques a explosé depuis son décès.

Johnny Hallyday, l’homme aux 3 y, a monopolisé les médias en décembre.

Judiciarisation = mot barbare, imprononçable.

Juge d’instruction, espèce en voie d’extinction, comme le thon rouge.

Etude juridique, l’enseignement du droit et les convoitises de HEC, l’ESSEC et Sciences-Po, qui entrent en compétition frontale avec l’Education nationale et les facultés de droit. Le marché du droit français n’intéresse plus seulement les avocats anglo-saxons, mais également les grandes écoles.


K.

Le Prince Karim Aga Khan, descendant de Mahomet, entrepreneur philanthropique d’un islam moderne, manager de l’année du Nouvel Economiste. Remise du prix le 19 décembre dans la Grand Chambre de la Cour des Comptes, palais Cambon, l’hôte étant feu Philippe Séguin. Le Prince Karim Aga Khan est le 49ème imam héréditaire des Ismaïlis.

Klaus, tempête non tropicale qui a ravagé le Sud-ouest le 24 janvier.

Patrick Kron a pris sa revanche en rachetant avec son ami, Jean-Pascal Tricoire, le président de Schneider, la division T&D de AREVA, anciennement Framatome. Décidément, Anne Lauvergeon, présidente du Directoire d'Areva, a fini l’année en déprime avec ses problèmes en Finlande, la vente forcée de N&DI et sa déconvenue à Abu Dhabi.

L.

Hôtel Lambert -> levée de boucliers autour de cet hôtel particulier édifié au XVIIème siècle par Le Vaux, situé sur l’étrave de l’Ile Saint Louis, vendu en 2007 par les Rothschild à l’Emir du Qatar, qui entend rénover l’édifice… Encore un sujet délicat pour le ministre de la Culture. Sera-t-il à la hauteur du dossier ? Il pourra toujours se hisser sur une colonne de Buren, récemment rénovée.

Claude Levy-Strauss, il aurait 100 ans en 2010.

LOL : lots of love ou lots of luck ou laughing out loud / laugh out loud.

Lourdes, ville des Pyrénées, non loin dans le dictionnaire de Lourmarin, à ne pas confondre avec Lourdes, la fille de Madonna.

Traité de Lisbonne, qu’en penser ?

M.

Bernard Madoff condamné à 150 ans de prison le 29 juin

Maolâtres = idéolâtres, soixante-huitards qui s’extasiaient sur la Chine en pleine révolution culturelle.

Medef

Médiation -> compromis de médiation qui pourra être constaté par un acte d’avocat, si la loi est votée, sujet de prédilection de Antoine Adeline et Christian Hausmann. La médiation institutionnelle pourrait se développer par l’intervention des pouvoirs publics, qui aimeraient la rendre obligatoire en matière de consommation, de litiges familiaux et dans d’autres domaines encore. La directive européenne n’a toujours pas été transposée dans aucun pays de l’Union. Nous saluons le changement de dénomination du Médiateur de la République qui devient le Défenseur des Droits des Citoyens.

Merkel réélue, comme Henkel, elle lave plus blanc. Si elle était à l’Elysée, sa référence serait la lessive Omo.

Minarets, la Suisse compte 400.000 musulmans et 3 mosquées

Alain Minc, un has been brillant, ami du Président, une concierge de luxe selon Ségolène Royal.

Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, en délicatesse avec Marine Le Pen et Google, singe le Président en lançant sa commission à lui, présidée par Patrick Zelnik, ancien de Virgin, Président fondateur de Naïve et pourfendeur de Google. Le locataire du Palais Royal vient de faire une chute en scooter. Pourra-t-il se relever ?

Parc Monceau, on scie les marronniers malades, qu’il faudra remplacer par d’autres espèces pour que notre parc mitoyen soit toujours aussi accueillant.

Les 65 ans du Monde

Toni Musulin, le convoyeur aux 11 millions d’euros, et Yolande Moreau n’ont pas grand-chose en commun.

N.

Nantes Octobre 2011 -> Marie-Aimée Peyron, après Lille en 2008, organisera la Convention Nationale des Avocats en Bretagne du Sud.

Marie N’Diaye a obtenu le prix Goncourt le 2 novembre 2009, ce qui a fait grincer des dents certains.

Neige, en cette période de réchauffement climatique, Paris a bénéficié de neiges précoces dès le 17 décembre.

Nespresso. Georges Clooney est à Nespresso ce que Johnny Hallyday (3Y) et Laetitia sont à Optic 2000, Zidane à Grand Optical, Chabal à Poweo, Marion Cotillard à Dior, Sophie Marceau à Channel et Eva Mendes à Calvin Klein.

Nicolas ne peut que rebondir dans les sondages.

NPA, nouveau parti politique lancé par Besancenot

Numérisation pour €750 millions, prélevés sur le grand emprunt national, au bénéfice du seul Frédéric Mitterrand, pas viré donc promu – qui dit népotisme ?


O.

Obama, attributaire du Nobel de la paix par anticipation

Osram, grand bénéficiaire de la nouvelle génération d’ampoules

Otectomie et décret n° 2009-1768 du 30 décembre 2009 sur l’évaluation comportementale des chiens. Où s’arrêtera la régulation ?

Ouïghours, on en parlait en 2009

Ovalie, non pas le fromage…, mais la chose sud-africaine que la prochaine coupe du monde de foot va éclipser pendant quelques semaines.

P.

Sarah Palin, ressuscitée, sera-t-elle opposée à Hillary Clinton pour les prochaines élections présidentielles ?

Pandémie, le flop de Roselyne Bachelot qui doit refourguer ses doses et nous enseigne que quand on a passé commande, mais qu’on n’a ni payé ni été livré, on peut résilier le contrat, ce qui est réconfortant dans un pays de droit ! Roselyne et les excès du principe de précaution.

Panthéon, éventuelle nouvelle demeure d’Albert Camus, si seulement sa fille le décidait. Qui aurait l’idée saugrenue de troquer un joli endroit ensoleillé du Lubéron pour l’humidité et le froid des caves de la Montagne Sainte Geneviève ?

Laurence Parisot a mis le Medef mal en point en 2009, mais compte bien se présenter à sa succession en juillet 2010 si le CNPF, relooké, n’a pas disparu d’ici là.

Charles Pasqua, 82 ans  sans commentaires / a reçu son solde de tous comptes en Angola.

Pépinière d’avocats, on vous en parlera encore.

Pirates dans le Golfe d’Aden, attention aux plaisantins.

PPP = prévention, prévoyance et précaution

Prime à la casse, c’est comme les Jupettes, ça ne dure qu’un temps

La Princesse de Clèves et les lectures du Président.

Private Equity, d’aucuns pensent qu’il n’est pas mort, mais attendons, le LBO est incontestablement mal en point.

R.

Rafale au Brésil, attention au vent qui souffle en rafale.

Red Bull, le long drink de l’été enfin autorisé

Référent, un nouveau métier entre adjoint au maire et médiateur

Clotilde Reiss en pension complète à l’Ambassade de France à Téhéran.

Renault et la Formule 1  2.250.000 voitures vendues en 2009 en France et le retour de Schumi chez Mercedes

RER, 17 jours de galère sur la ligne A

La Rolex et les déclarations de Segala : « le Net est la plus grande saloperie qu'aient jamais inventée les hommes ».

Anne Roumanoff : précipitez-vous pour voir son dernier spectacle.

RSA ou RAS

S.

Pal (cela fait alimentation canine) Sarkozy, le père du Président, s’est mis à la peinture (voir le dernier Figaro Magazine).

Seniors, les papis bleus en salopette, retournent à l’usine.

Senniquier, brasserie tropézienne fréquentée par Chichi et son ami François Pinault.

Séquestration, réplique sociale mise au point chez Molex en avril.

La SNCF augmente ses tarifs TGV malgré ses trains bloqués sous la Manche et ses caténaires en panne.

Subway, chaîne de restauration rapide, susceptible de se hisser devant Mc Donald au hit parade des fast-foods (32.100 restos dans le monde).


T.

Bernard Tapie, qui a fait une belle plus-value sur le Club Méd, caresse de nouveaux projets cinématographiques après les tribulations du commissaire Valence. Comme Johnny, il est insatiable et fait du jogging en Adidas, la marque aux trois bandes.

Taxe carbone, on en parle, mais personne, hormis les chinois et Jean-Louis Debré, ne sait comment ça marche. Parmi les amis du Président, il n’est pas acquis celui qui est le plus proche de sa cause, Jean-Louis Debré ou Dominique de Villepin. Le passage de la taxe carbone à la taxe professionnelle a été aisé, d’autant plus que le gouvernement a baissé le taux de TVA dans la restauration en pure perte.

Téléthon et la sortie tonitruante de Pierre Bergé, dont le soutien à Ségolène Royal est indéfectible. Après la vente record de ses biens communs avec YSL qui a rapporté €342 millions chez Christie’s (PPR), il lui reste quelques bijoux de famille qui seront mis à prix pour financer la prochaine campagne présidentielle de Ségolène, la Martine n’a qu’à bien se tenir.

La tomate, cœur de bœuf, à redécouvrir. C’est cher et pas très bon.

Transfèrement, c’est ce qui pourrait arriver à Roman Polanski, pour le moment assigné à résidence dans sa villa de Gstaad avec en prime un bracelet électronique, malheureusement son ami Johnny est retenu à L.A. et ne pourra donc pas lui tenir compagnie.


U.

Uniqlo, la chaîne de prêt à porter japonaise, investit Paris.

V.

 Malaise vagal, typiquement présidentiel.

Manuel Valls, l’ancien petit ami de Ségolène Royal, député maire d’Evry, en rupture de banc.

Veisalgie, gueule de bois, s’attrape après les fêtes, aussi appelée xylocéphalie, à ne pas confondre avec la xyloglossie ou les parasites xylophages, cousins des termites.

VGE et les amours princiers ou VQR*

Villepin (voir Clearstream) a fait connaître « Mon ambition économique pour la France » dans les colonnes du Figaro du 19-20 décembre 2009. On est ébahi ! L’avons-nous échappé belle ?

Votation, spécificité helvétique qui ne se limite pas aux minarets. Ainsi le 7 mars 2010, les Suisses devront décider entre autres, de l’institution (ou non) d’un avocat de la protection des animaux.

* Vache Qui Rit

W.

Wade et sa statue. Après la gigantesque mosquée Hassan II à Casablanca et la cathédrale de Houphouët-Boigny à Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire, le président Wade a voulu rivaliser avec ses éminents prédécesseurs africains et s’est fait construire pour 23 millions d’euros une statue pharaonique de 50 mètres de haut qui sera inaugurée le 4 avril 2010.

Le Prince William, SDF pendant une nuit sous les ponts de Londres.

Winnenden (Bade – Wurtenberg), bourgade tragique où un jeune homme de 17 ans, Tim Kretschmer, a homicidé 15 personnes avant de se tuer.

Tiger Woods, pourquoi s’acharner sur ce célébrissime golfeur à qui l’on reproche quelques infidélités, alors que DSK ou Berlusconi s’en sortent sans égratignures ?


X.

Xavière (Tiberi), il fallait bien une entrée sous x, finalement condamnée pour avoir fait voter des électeurs décédés dans le Vème arrondissement, l’égérie de l’ancien maire de Paris. On ne tire pas sur les ambulances.


Y.

3Y -> Johnny Hallyday, convalescent, défendu par notre confrère Virginie Lapp dans son différend avec le docteur Delajoux, dit Folamour.

YSL + PB, ce dernier éleveur d’acipenser sturio (esturgeon de la Gironde) raffole de caviar à € 2500 le kilo, aussi propriétaire de Prunier (av. Victor Hugo)


Z.

Patrick Zelnich, voir FM + Google

Meles Zenawi, ancien président de la République d’Ethiopie, actuel Premier ministre et président du Nepad depuis 2007, il a été la voix unique de l’Afrique au sommet de Copenhague.

Jacob Zuma Président de la République d’Afrique du Sud, un polygame notoire qui vient de célébrer son cinquième mariage à 67 ans, il est père de 19 enfants et pas plus que Berlusconi, il ne craint le ridicule…



Que nous réserve 2010 ?

 Procès de Jérôme Kerviel entre les 7 et 23 juin.

 Elie Domata, déterminé à relancer la désobéissance civique.

 « Je veux que chaque citoyen comprenne le droit », MAM.

 Et une longue liste inachevée d’évènements, que nous déroulerons pour vous au fur et à mesure de cette année glorieuse.

Mutuus consensus (Christian Hausmann)

De nombreux rapports et réformes sont actuellement en cours d’études et de discussions :

Le Rapport Léger et la proposition de supprimer le juge d’instruction auquel le reproche formulé « après Outreau » était d’instruire trop souvent à charge et pas suffisamment à décharge… et le projet de confier les enquêtes même les plus graves au Parquet, ce qui va nécessiter de donner à la défense les moyens d’enquêter à décharge, corollaire indispensable en ce cas et d’intervenir dés la première heure en garde à vue avec accès au dossier comme pratiquement tous les autres pays européens…

Le Rapport Darrois qui préconise notamment la mise en place d’une formation commune des Professionnels du Droit et un rapprochement des professions d’Avocats et Juristes d’Entreprises…

Toutefois, trois réformes : l’entrée en vigueur de la procédure d’exception d’inconstitutionnalité qui vient d’être adoptée, ainsi que l’acte d’Avocat et la fusion Avocats/Avoués qui sont actuellement en cours d’adoption méritent plus particulièrement notre attention en ce début d’année car elles vont avoir également des conséquences directes essentielles pour les particuliers et les entreprises.

1. L’exception d’inconstitutionnalité

La loi du 29 octobre 1974 avait élargi la saisine du Conseil Constitutionnel à 60 députés ou 60 sénateurs avant promulgation de la loi. La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 a permis à tous les justiciables de saisir le Conseil constitutionnel, au cours d’un procès, s'ils estiment qu'une disposition législative qui leur est applicable porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.

La loi organique promulguée le 10 décembre 2009 définit les conditions de recours à la question préalable de constitutionnalité :

Elle pourra être soulevée à tout moment de la procédure au cours de toute instance judiciaire ou administrative.

Le juge saisi devra déterminer sans délai si le moyen est opérant et s’il l’est, transmettra à la Cour de cassation ou au Conseil d’Etat qui déterminera dans un délai de 3 mois si la disposition contestée soulève une question nouvelle ou présente une difficulté sérieuse et saisira le Conseil constitutionnel de la question de constitutionnalité. Le Conseil constitutionnel se prononcera sur la question de constitutionnalité dans un délai de trois mois.

Cette réforme entre en vigueur à compter du 1er mars 2010 et va trouver application dans tous les domaines du droit pénal, social, commercial, civil etc…

Par le biais de cette nouvelle procédure, tout justiciable pourra contester la constitutionnalité d’une loi et il appartient à chacun de se saisir de cette réforme, gage de son succès afin qu’elle constitue une véritable avancée pour la protection des droits et libertés.

2. La fusion avocats/avoués

Le projet de loi de fusion des avocats et des avoués, ainsi que la réforme de la représentation devant les Cours d'appel est en cours d’adoption. C’est ainsi qu’une page d'histoire se tourne avec la suppression programmée au 1er janvier 2011(assemblée nationale) / 2012 (sénat) de la profession d’avoué née en 1816, mais dont l'origine remonte au Moyen Age.

A compter du 1er janvier 2011, l'appel devra obligatoirement, sous peine d'irrecevabilité, être formé par voie électronique (décret du 9 décembre 2009) et les avocats s’organisent actuellement et se familiarisent avec le fonctionnement et la modernisation des procédures d’appel et leur dématérialisation.

L'accès au droit pour les justiciables se voit ainsi simplifié et moins onéreux, étant toutefois précisé qu’il est prévu de financer l'indemnisation des avoués par la création d’une taxe de 330 euros sur les procédures d'appel avec représentation obligatoire jusqu'en 2019 (loi de finances rectificative pour 2009).


3. L’acte contresigné par avocat

Madame Michèle Alliot-Marie, Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés, a annoncé le 22 décembre 2009 en présence des Présidents du Conseil National des Barreaux et du Conseil Supérieur du Notariat qu'un projet de loi gouvernemental, désormais finalisé en concertation avec les représentants des deux professions, serait déposé dans les jours qui suivent au Conseil d’Etat afin qu’il puisse être examiné par les députés au début de l'année 2010.

La Commission DARROIS a proposé pour le développement de la sécurité juridique de chacun et le renforcement de ses droits, la création d’un acte contresigné par avocat, afin d’assurer une sécurité juridique supplémentaire aux particuliers et aux entreprises qui le souhaitent.

Comme l’a indiqué Madame le Garde des Sceaux Michèle Alliot Marie : « L’acte contresigné par un avocat vise à apporter des garanties supplémentaires à la sécurité des actes juridiques quotidiens (…).

Par son contreseing, l'avocat attestera avoir éclairé pleinement la partie qu'il conseille sur les conséquences juridiques de l'acte. Ce contreseing fera pleine foi de l'écriture et de la signature des parties.

Ce contreseing par un avocat ne pourra en aucune façon être confondu avec l'authentification par un notaire.»

Tous les jours, particuliers et entreprises prennent des engagements qui peuvent être lourds de conséquences. : contrats, emprunts, cautions, protocoles transactionnels, reconnaissance de dette etc. avec des engagements pris à la légère : des cautions qui se sont engagés au-delà de toute raison, des acheteurs de fonds de commerce qui ont été trompés et doivent déposer le bilan etc.

Dans la très grande majorité des cas, ils le font sans avoir pris conseil, en ayant recours à un acte sans aucun formalisme : l’acte sous seing privé, c’est à dire un simple écrit que chacun peut écrire sur un coin de table et dont la force juridique est fragile car il est facilement contestable et source de contentieux.

L’objet du projet de loi sur l’acte contresigné par avocat est de créer un acte sous-seing privé dont la force juridique sera renforcée de telle sorte que les contestations sur les engagements pris et les procès en résultant en seront diminuées. Ainsi par exemple, une reconnaissance de dette contresignée par un avocat fera pleine foi de l’écriture et de ses signataires.

Par ailleurs, l’acte contresigné par avocat ne remet pas en cause l’acte authentique passé devant un notaire, officier public. Les actes reçus par les notaires, principalement contrat de mariage, achat immobilier, partage de succession… sont dotés d’une force probante particulière et d’une force exécutoire qui tiennent à cette qualité.

Ainsi, l’acte contresigné par avocat est appelé à recevoir application dans des nombreux domaines tels que le droit des entreprises, du travail, des contrats, des personnes, le droit fiscal, le droit de la responsabilité etc…

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés dans notre Revue durant cette année de l’adoption de ses textes et leur entrée en vigueur. Dans cette attente… Excellente année 2010 et tous mes meilleurs vœux.

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